
Rencontre avec : La peurLa Terre Renaissance symbolique Le FeuLe DouteLe DécouragementDe belles Femmes Choni la TibétaineLa Souffrance : terreauAmatchi De mon Ciel à ta Terre Les RENCONTRES …
Mes rencontres se sont toujours avérées initiatrices et elles ont accompagné mon évolution, forgé ma détermination, m’ont donné les moyens de m’interroger sur ce que je voulais vraiment être, faire… Il ne faut négliger aucune de ces aventures aussi anodines que certaines puissent paraître sur l’instant. L’Univers s’était bien déguisé en une boule de poils pour m’enseigner les forces de l’ombre et de lumière… Il a pris par la suite différentes formes pour me guider dans cet apprentissage. Toutes les rencontres ou expériences ont un sens que nous comprenons parfois beaucoup plus tard… Lorsque je repense à toutes ces rencontres, même les plus inconfortables ou douloureuses, je n’ai que joie et gratitude. Ce sont les pierres qui ont pavé mon chemin et je prends conscience aujourd’hui combien chacune d’elles m’a apporté une clé pour me donner les choix d’être et de faire en toute liberté, mais surtout la prise de conscience de mon pouvoir personnel.
Rencontre avec… La PEUR….« Seule l’idée de la mort rend l’homme suffisamment détaché au point qu’il soit capable de s’abandonner à quoi que ce soit. Il sait que sa mort le traque et qu’elle ne lui laissera pas le temps de s’accrocher à quoi que ce soit ; donc, sans s’attacher, il vit pleinement chaque chose » Don Juan Matus - « Voir » Carlos Castaneda. Je venais d’apprendre le décès de Christiane Singer, écrivain, philosophe, thérapeute et amie, l’une des personnes qui m’avaient permis de transformer ma vie. Elle était partie, le mois précédent, d’un cancer. J’avais participé à la magnifique cérémonie « d’encielement » orchestrée par son ami, le prêtre Stan Rougier afin de l’honorer. J’avais encore à l’esprit et dans le cœur le dernier livre de Christiane « Derniers fragments d’un long voyage », où elle nous emporte dans la traversée de sa maladie. Un écrit extraordinaire de courage et d’amour. Je devais effectuer la classique mammographie de contrôle que j’abordais avec cette prière au fond de moi « pourvu qu’ils ne trouvent rien ! » ayant vécu l’épreuve du cancer quelques années auparavant. Malheureusement, l’échographie fit apparaître une zone qui n’était pas là l’année précédente. La radiologue prudente, connaissant mes antécédents et son métier voulait faire une IRM. Le choc de cette nouvelle et la peur retrouvée m’ont laissée dans une fermeture totale. Comme un robot je suis allée passer l’IRM. IRM …machine extraordinaire et infernale. On te glisse là-dedans, l’opérateur est adorable, conscient de l’appréhension qui tient le ventre de ses patients. Respirer, respirer, laisser mon esprit partir, loin, loin, ne pas entendre le bruit assourdissant, lancinant malgré le casque. J’entre dans la machine en état de conscience autre, je laisse l’angoisse se disperser. Je sens la machine me découper en tranche. Ne pas penser, ne pas envisager, ne pas se projeter, juste être là et s’évader loin, haut dans les images que mon esprit arrive à contrôler. Ne plus entendre le bruit de la découpe. Je suis heureuse d’avoir cette puissance d’évasion, je remercie mon esprit, je parle à mon ange gardien n’osant pas lui demander ouvertement de truquer les résultats mais le souhaitant du plus profond de mon être. Non, cela ne peut être à nouveau, pas possible, impensable, inconcevable ! C’est juste une nouvelle blague pour me faire peur, pour que je prenne encore plus conscience de la vie que je trouve parfois difficile dans ma solitude. Juste pour que je sache que le plus important c’est la vie. Pour éprouver ma motivation dans la voie que j’ai choisi C’est bon, j’ai compris la leçon, pas besoin d’aller plus loin ! Je veux pas d’une nouvelle épreuve, j’ai pas le courage de cette nouvelle souffrance possible, je ne veux pas que mes enfants traversent cela à nouveau, qu’ils s’inquiètent pour moi… Mais la machine n’a pas d’état d’âme, elle ne triche pas, elle montre tout. Elle s’en fout des demandes à l’ange gardien ou à qui ce soit d’autre ! Elle fait son boulot. Impossible de reculer, de nier la vérité : les tumeurs, nodules ou autres bombes intérieures explosées ou prêtes à le faire, démasquées apparaissent à la lumière sur de grands panneaux lumineux. Trop tard ! tout est vu, on ne peut plus se cacher que l’ennemi a réussi à entrer, à se dissimuler, à se nicher. Finalement le terme de « maligne » convient bien… Soudain, le sentiment de ne plus s’appartenir. Le « corps médical » se saisit de l’affaire. Difficile pour lui aussi la lecture des « tranches qui montrent tout »… Difficile d’informer le patient calmement alors que la peur est en lui, que la maladie n’en semble que plus effrayante : « Il faut aller regarder cela, vu vos antécédents, faire une biopsie… » Cela fait 5 ans que je veux oublier, que je remercie d’être en vie, que je tire les enseignements de cette difficile traversée, que je suis consciente de la force immense que cela m’a apportée et tout à coup, « mes antécédents » me trahissent à nouveau, ils deviennent un handicap, un sous-marin qui s’est à nouveau glissé insidieusement en moi. Sentiment d’injustice total, je ne veux plus que l’on me touche ! J’entends vaguement la proposition de biopsie. Je regarde calmement mais fermement l’adorable radiologue empêtrée dans sa compassion « Merci pour tout, mais je n’irai pas voir, je ne suis pas prête à cela » Et je pars sans attendre ces putains de clichés qui m’ont mise en tranches… La colère est en moi : « Plus personne ne me touchera ! Raz le bol des épreuves, je ne peux plus, je ne veux plus, je préfère en crever de la manière que je choisis…c’est pas juste ! » Retour à la maison, mes fils m’attendent inquiets, je tente de garder la force en moi et de banaliser pour ne pas les inquiéter. « Voilà, il y a une boule qu’il faudrait aller voir. Je ne sais pas si elle est cancéreuse ou pas mais je ne veux plus que l’on me touche et j’assumerai les conséquences de mon choix ». Ils comprennent, ne me jugent pas, ne tentent pas de m’influencer. C’est le plus terrible pour moi, les avoir entraînés dans mes aventures avec les conséquences que cela génèrent pour eux. Je suis seule avec eux, s’il m’arrive quelque chose, comment vont-ils faire ? L’aîné se révolte : « ce n’est pas juste, tu donnes en permanence aux autres, tu aides tout le monde, tu as une vie saine, tu ne sors pas, ne bois pas, ne te drogue pas, tu veux toujours être honnête et faire le bien, je ne comprends pas que cela t’arrive ! Ça devrait pas, tu as fait trop de chemin pour çà ! » je comprends sa révolte, je la partage et ne peux le contredire à ce moment là. Je me souviens des paroles de Christiane Singer qui, ne pouvant assurer ses ateliers lorsqu’elle a appris sa maladie, le cancer, nous informait et écrivait : « j’espère que vous accueillerez cette nouvelle comme je l’ai fait moi-même, le cœur ouvert et sans jugement… » Je n’avais pu m’empêcher à la lecture de sa lettre d’entrer dans le jugement : comment une femme qui a fait un tel chemin, d’un tel niveau spirituel, qui donne en permanence, qui a fait un travail permanent sur le corps, le cœur… Comment peut elle avoir attrapé cette cochonnerie là ? J’ai eu le sentiment que l’on ne pouvait pas y échapper, et un profond ressenti d’injustice m’avait envahie. Pas elle !!!, Elle donne la Lumière et l’espoir, elle montre le chemin de la joie et de l’humilité, d’une vie saine, et cette maladie montre qu’elle n’épargne personne. Raté ! une croyance de plus qui vole en éclat. Nous restons tous des humains dans toutes nos fragilités, elle y compris et moi, bien entendu, aussi. Encore une croyance dont il faut faire le deuil…celle que le « travail sur soi » protège de la maladie, du malheur… Une aparté sur le « deuil »… Le deuil… Elisabeth Kubler Ross en décrit si bien les 5 phases. La notion de deuil est en général associée à la perte d’un être cher, mais en réalité nous avons si souvent à faire des deuils dans nos vies…sans en avoir conscience. Deuil de nos rêves, de nos illusions, de nos organes, de ce que nous étions, de nos croyances « contes de fée » sur le bien et le mal, sur la notion de punition divine que nos racines judéo-chrétiennes ont imprimés au plus profond de notre être. Combien d’hommes et de femmes n’arrivent pas à laisser l’espace pour une nouvelle relation après une séparation, un divorce… ? - je suis toujours en colère contre lui ou elle, et pourtant je ne l’aime plus, j’en suis sûr(e), mais je ne comprends pas pourquoi je n’arrive pas à m’en détacher, à l’oublier.. ? - Tout simplement parce tu avais fait un rêve de vie avec lui, avec elle, un rêve de famille unie et ce rêve s’est cassé. Tu n’as pas fait le deuil de l’ancien rêve et tu ne peux donc pas en construire un nouveau. Le processus de deuil a donc 5 phases décrites par EKR : - 1.Le déni - La négation (" C'est impossible ! ") : Le déni de ce qui arrive, le choc ! Le refus total d’accepter la réalité, on ne peut pas y croire, on ne veut pas y croire… - 2. La colère (" L'autre n'avait pas le droit de partir ! " « ça ne peut pas m’arriver à moi !!!). La colère, les sentiments de frustration, d'injustice et d'incompréhension. L’événement t’apparaît comme une trahison et un abandon. - 3. La « négociation », la tentative de marchandage -C'est trop difficile, je ferais n'importe quoi pour que l'autre revienne ! Pour que cela ne soit pas, pour revenir en arrière - - 4. La dépression - La tristesse (" Je n'ai plus le goût de rien… ") – le vrai chagrin profond On commence à comprendre que la négociation, le marchandage ne sont pas possible, c’est une sorte d’abattement, une perte d’énergie, on entre dans la grotte pour pleurer sa peine - 5. L'acceptation (" J'y pense encore parfois, mais je m'en sors. "). Tu commences à avoir plus confiance en toi, tu te sens mieux et l'avenir ne semble pas aussi noir qu'avant. Tu as de nouveaux rêves, tu es capable d'avoir du plaisir. Tu constates que cette épreuve peut te renforcer ********** J’ai dû passer par cette exploration là. Le déroulement de ces 5 phases m’ont été nécessaires avant d’être capable de reprendre le processus d’exploration médicale de « la boule ». J’ai, bien sûr, pris le risque conscient que si j’avais un cancer il pouvait rapidement évoluer durant cette période de « décantation ». Mais je sais que cela m’était nécessaire, je n’avais ni l’énergie, ni la force de traverser cette nouvelle épreuve. Les médecins devraient tenir compte de ce besoin là. Mon métier m’a appris, ainsi que les enseignements tirés de mon expérience personnelle ou des personnes atteintes du cancer que j’ai accompagnées parfois jusqu’à la mort, que nous avons besoin de toutes nos forces pour vivre cette traversée du désert. J’ai compris qu’il n’est pas nécessaire de se battre « contre » la maladie, mais que toutes les forces doivent s’orienter POUR la VIE ! et tous les moyens sont bons. Il me fallait re-contacter mes forces, ma foi en la Vie, sortir du sentiment de trahison. J’ai, bien entendu, effectué un « travail » personnel durant cette année là. Je me suis faite accompagner en médecine parallèle, j’ai pris des compléments alimentaires qui ont la réputation de travailler sur les tumeurs. J’ai suivi consciencieusement les protocoles : argile blanche, extrait de tige d’ananas, vitamine C, rééquilibrage énergétique, travail de visualisation… J’étais fermement décidée à ne pas laisser la médecine traditionnelle s’emparer de mes symptômes et projeter leur peur de l’échec, de la mort. Je suis responsable de mes actes, actrice de ma vie. Je sais que chaque traversée de désert est un enseignement, une initiation. J’ai vraiment éprouvé un raz le bol, une révolte : « Ça suffit ! » je donne et j’ai assez donné ! Mon désespoir m’amenait à aller dans la destruction pour « punir » l’Univers ! Quelle impudence, quelle bêtise ! Mais je reconnais que j’étais dans cette dynamique là, comme une enfant frustrée et capricieuse qui dans sa bouderie dit « Puisque c’est comme çà, je fais plus rien, je dis plus rien… ». Rapidement, on sent que l’on passe à côté de quelque chose, que le temps passe et que finalement ce n’est pas si grave, alors autant profiter de l’instant présent…car la vie continue, je l’aime. J’ai repris conscience et accepté que l’océan serait toujours aussi beau et puissant avec ou sans moi, alors je me suis remise dans le courant en ignorant avec désinvolture ce qui se passait à l’intérieur de moi, « je t’oublie foutue boule ! je vais vivre malgré toi ». c’était comme un défi, une provocation. Mon médecin traitant et la gynécologue m’appellent avec gentillesse pour tenter de me sensibiliser : « Je ne suis pas prête à aller voir quoi que ce soit. J’ai besoin de temps, je prends la responsabilité de mes choix et actes. ». Elles comprennent avec humanité et compassion, n’insistent pas face à ma détermination, me demandent si elles doivent me « relancer ».. « Je vous contacterai lorsque je serai prête, merci pour votre compréhension ». Elles ont tenu parole, personne ne m’a mis la moindre pression. Un mois après les résultats de l’IRM, une amie me permet de rencontrer Jean. Je n’ai pas été attirée immédiatement car je ne cherchais rien. Je n’avais rien à offrir à un homme, je n’allais pas lui faire subir cette nouvelle traversée, mes 2 fils à tenter d’épargner c’était suffisant non ?! J’ai senti un homme honnête, bon et généreux, un homme de valeurs et de cœur. Je l’ai senti « réparé », il n’avait pas de rancœur en lui, il m’épatait. Je lui trouvais toutes les qualités que l’on pouvait espérer chez un homme. Je le trouvais tellement bien qu’il ne pouvait pas être pour moi qui n’avais pas d’avenir, alors j’en ai fait l’éloge à l’une de mes amies et je les ai présentés l’un à l’autre en espérant que la « mayonnaise » prendrait…Heureusement, elle n’a pas pris… Jean le Basque est en plus têtu, il va au bout de ce qu’il décide et je lui ai plu… Pour le décourager je lui ai dit la difficulté de vivre avec moi, les contraintes de mon métier, dans quel état je suis parfois après une journée de consultation… Que je ne savais pas où j’allais, que j’avais un « truc » au sein…Le sentiment de ne pas avoir grand chose à mettre dans la balance ! et lui : « Même pas peur ! », je ne comprenais rien. J’ai beaucoup fait pour le décourager : froideur, pas de nouvelles, pas de réponses à ses SMS. J’étais troublée car il était tellement juste, on aurait dit qu’il ressentait mes besoins et ,avec humilité, discrétion, sans jamais mettre la moindre pression, il arrivait sur la pointe des pieds au moment le plus juste pour moi. Je ne savais pas accueillir, je mettais distance et froideur. Je sentais son attirance et considérait cela comme faiblesse de sa part, dans toute mon arrogance. Mais mon Basque ne se décourageait pas… Un soir, j’ai baissé les armes, dans une conversation téléphonique, j’ai exprimé ma peur, la difficulté de mon métier, cette solitude dans laquelle je me retrouve après avoir entendu et partagé parfois l’horreur du vécu de mes patients. Et lorsque j’arrête le soir, je me retrouve face à moi même, je pense à cette petite boule de 1cm dans mon sein qui me met toujours dans un sentiment d’injustice total. Il m’écoute, me réconforte, me dit à quel point il aimerait que je rencontre un homme qui a suffisamment d’amour pour m’accompagner et comprendre mon mode de vie. Il ne cherche absolument pas à «se placer », à me faire comprendre ses sentiments, au contraire, il s’oublie, tout ce qui compte pour lui avant tout, c’est que je sois heureuse. Je reste scotchée, pas habituée, ai-je bien entendu ? Je le sens dans une sincérité totale, faisant abstraction totalement de lui, ne profitant pas de cet instant de « relâchement », de « faiblesse », moi , la « femme forte » qui contrôle tout depuis tant d’années pour ne pas fléchir, pour assumer chacun de mes choix, pour aller au bout de ce chemin où j’ai mis toute mon âme pour exister, pour vérifier mes certitudes. J’ai le sentiment d’être un animal sauvage qui commence à comprendre que l’Autre n’est pas forcément un danger. Je suis interpellée, je m’apprivoise. Quelque chose s’est ouvert en moi, je me sens bousculée, remuée dans tous les sens, dans le doute Je me suis dit que cet homme dans son humilité, dans son vécu, a un niveau spirituel que peu de personnes sont capables d’atteindre. En plus il ne le sait pas lui-même, le petit magasinier d’usine. Il ne mesure pas sa grandeur d’âme, pour lui c’est « normal », il n’a aucune théorie, il vit et met en œuvre dans une simplicité totale. Cet homme, c’est de l’amour inconditionnel sur patte ! Qu’ils sont petits tous ces donneurs de leçon, celui-là il ne parle pas, il agit… C’est une vrai lumière qui reste dans l’ombre. Nous sommes entrés dans la relation, tout y est si naturel, joyeux, simple. Que du bonheur ! Un mois plus tard, je lui présente mon amie de Dubai, une petite sœur d’aventures depuis des années. Elle a une « boule » qui est apparue et a rapidement grossi, elle est revenue en France pour effectuer une biopsie . Elle est avec moi en stage lorsque le médecin l’informe que les résultats de la biopsie confirme un cancer, qu’elle doit rapidement suivre une chimiothérapie, une opération, puis des rayons. Je la fais travailler sur ses peurs, oubliant les miennes et admirant son courage, ce courage que je ne ressens pas en moi. Quelle belle force elle a en elle ! Je me sens vraiment nulle à ce moment là ! Dans mon bonheur naissant et encore timide, je prends encore plus conscience de la fragilité de la vie, de l’instant présent. Les mois passent, Jean ne me parle jamais de mon sein, de la boule. Il m’écoute lorsque j’exprime mes peurs, mes doutes. Il m’accueille lorsque je lui dis ne pas être en mesure de m’engager dans des projets communs. Il me dit juste que je dois sentir ce qui est juste pour moi et faire ce que je ressens, quand je le ressens, que lui sera toujours là. Sa position me réconforte, ne me met aucune pression et en même temps je m’en veux toujours de ne pas pouvoir aller de l’avant. Je ne me ressens plus d’avenir, je ne peux que faire un pas après l’autre, vivre au jour le jour, sans lendemain, pas de projets. La peur me tient au ventre, je ne peux imaginer la souffrance de mes proches dans cette éventuelle traversée d’un autre cancer. Les questionnements se pressent en moi, et si, et si…je dois faire une chimiothérapie, une opération, des rayons…comment vais-je pouvoir faire vivre ma famille ? Je sais que je ne peux compter que sur moi, du moins je le crois encore. Au mois de novembre, en revenant d’une stage que j’animais où nous étions tous les 4, nous avons eu un accident dont nous sommes sortis miraculeusement indemnes. Nous avons percuté à 130km /h dans le noir total un véhicule qui s’était retourné et qui était sur le toit bloquant les 2 voies de l’autoroute. Son jeune conducteur avait réussi à s’extraire sans la moindre blessure avant que nous ne catapultions son véhicule. Je suis la seule a avoir engrangé des douleurs difficiles car je me suis laissée aller dans la mort et j’ai encaissé tous les chocs du véhicule. Sur l’instant, j’ai vraiment cru que tout était fini, une belle façon de tirer ma révérence, de fuir mes peurs. Je me suis sentie totalement prête l’espace de quelques instants. J’ai fait le point de ma vie, je partais en étant aimée, en aimant tous ceux qui m’entouraient, je n’avais aucun ressentiment, tout ce qu’il y avait à vivre je l’avais fait de tout mon cœur, je me sentais en paix. Lorsque la voiture s’est arrêtée, j’ai entendu la voix de Jean, celle de mes fils et me suis dite « Ah ! je suis toujours vivante, bon ! » Je crois que nous sommes devenus une tribu, une famille à ce moment là. Nous avons pu ressentir la force et l’amour de Jean à notre égard. Tout a du bon… Un ami, à qui je faisais part de mes peurs sur mon futur possible par rapport à la maladie, me faisait à juste titre remarquer « Tu ne crois pas que si tu avais dû mourir, l’accident était une belle occasion pour le faire ? Si l’objectif était de mourir car ta mission est finie, tu serais partie à ce moment là non ? » Logique ! J’ai laissé les mots agir, ils résonnaient. Tout est bon à prendre lorsque l’on est dans le doute, on tente de trouver les signes qui amèneront un sentiment de sécurité. Je comprends aujourd’hui tout le sens de cet accident, cela a été un grand STOP ! Descend de ton cheval… Mon énergie était très faible, les douleurs de mes os occupaient tout l’espace, je n’arrivais plus à travailler. Cette faiblesse généralisée a eu raison de mon obstination, j’ai dû accepter l’aide de Jean, m’appuyer sur lui, je ne pouvais faire autrement. Je ne savais pas recevoir, j’avais toujours avancé en force, pour vivre et survivre, pour subvenir à ma famille, pour prouver que j’avais fait les bons choix, bref, une vraie mule de bât.. . Décembre à Paris, je revois mon amie de Dubaï, le teint gris, sans cheveux, mais toujours avec cette force et cette acceptation qui la caractérise. Elle s’impose une activité épuisante et débordante pour ne pas penser, pour ne pas avoir peur, je vois sa fuite en avant et la solution qu’elle a trouvé en s’imposant une hyperactivité pour ne pas penser, pour ne pas laisser la peur la paralyser . Je me sens encore moins de courage face au sien, j’ai le sentiment d’être lâche. Ces gens qui parfois admirent mon savoir, ma force, ma joie, dans mes séminaires, j’ai l’impression de les trahir, de leur mentir, s’ils voyaient réellement ma trouille, ma vraie faiblesse, ma lâcheté … La nouvelle année est là. Je n’en peux plus de ne pouvoir mettre en place des projets nouveaux car la pensée de : « est ce que je tiendrais le coup si j’ai le cancer ? » me hante. La colère à nouveau me prend, une sorte de sursaut, de révolte : j’en ai raz le bol de subir cette peur ! Je dois sortir de cette gangue qui me mange, du doute qui épuise mon énergie. Je n’ose plus toucher mes seins de peur de sentir la boule. En fait, je ne saurais si c’est cancéreux que si je fais la biopsie. Peut-être qu’il n’y a rien, c’est juste pour me faire peur, me faire avancer. Après je serai fixée et je verrai… Rester dans le doute me devient chaque jour un peu plus invivable, j’impose aussi à ceux que j’aime cette fermeture, ce doute. Ni mes fils, ni Jean ne tentent de m’influencer. Mon ami Roland, ostéopathe, qui m’aide chaque mois dans mon corps, fait souvent émerger les larmes qui apaisent, qui permettent de reconnaître ma peur, je sens que la phase de deuil progresse, je suis dans la phase tristesse, plus de révolte, un abattement, le sentiment d’être écrasée par le destin. Une nouvelle colère apparaît, je fonctionne beaucoup grâce à elle, c’est un moteur de vie également qui me fait me relever. Cette fois, elle est par rapport à moi même, à mon manque de courage. Je ne peux m’en prendre qu’à moi, personne ne me met la pression ce qui me donnerait une bonne raison d’orienter mes foudres sur elle…Pas joli comme pensée mais c’est vrai ! Le choix m’appartient, on ne me demande rien. Tout est OK pour ceux qui m’aiment et je crois que c’est cela qui est vraiment devenu invivable : c’est que ce que je dois faire, c’est pour moi, uniquement pour moi que je dois le faire ! Cela m’appartient. ASSEZ !!!! Je suis prête ! Je dois savoir, après je verrai ! J’aviserai, m’adapterai. J’ai toujours été guidée, accompagnée par l’Univers. Pourquoi m’abandonnerait-il maintenant ? Mais parfois le doute, « pourquoi tant d’épreuves ? Que faut il encore et encore comprendre ? » qui m’ôte encore toutes mes forces. Je recherche tout le positif qui peut me donner cette force d’aller de l’avant, je suis dans l’immobilisme depuis tant de mois. La décision est claire, j’en informe mes fils et Jean. Jean me dit qu’il sera là avec moi, et mes fils accueillent ma décision sans jugement, sans peur apparente. Je reprends contact avec la gynécologue, qui me refait une ordonnance vers la radiologue en inscrivant « Décidée à aller voir.. ». Je suis lancée, c’est parti ! Mammographie : la boule n’a pas évolué ce qui semble rassurant. Il faut faire la biopsie. Rendez-vous est pris immédiatement. La radiologue se souvient de moi et me fait part de sa joie de me revoir. Je la remercie pour son ouverture et d’avoir respectée sa parole de ne pas me mettre de pression. Ma confiance en elle est totale. Elle m’apprend qu’elle a été initiée au chamanisme sibérien, les liens se créent, l’Univers ne m’a pas abandonnée. Elle comprend mon cheminement. J’ai l’acceptation en moi. Jean m’accompagnera, j’accepte sa force et sa présence. Quel apprentissage ! Je lâche, je me laisse porter par lui et la force Basque qui le caractérise. Tout peut être, je traverserai, quelque soit le diagnostic ! « On s’en sortira hein ? » « On va traverser ensemble et tout ira bien » me rassure-t-il. Je mesure la richesse de ce que les miens m’apportent, je sais ce que c’est que de traverser seule de telles épreuves et j’apprécie en connaissance de cause tout cet amour que je m’autorise enfin à accueillir. Quel bonheur ! La radiologue réalise la biopsie avec beaucoup de douceur, de dialogue et de présence, cette femme est merveilleuse. Elle a anesthésié la zone de peau où elle ira effectuer le prélèvement, je sens mon corps l’autoriser et je l’autorise dans ma conscience. Je suis en confiance. J’emmène mon esprit loin du « Splinnnnggg !! » de la cartouche qui effectue le prélèvement. Je me connecte à mon aigle qui m’emmène très haut, loin de ce lieu, loin de mon corps. J’ai pris soin de dialoguer avec « la boule » auparavant, de la rassurer, de lui expliquer qu’il me fallait aller voir le message qu’elle voulait me délivrer. Jean m’attend dans la salle d’attente, il tient parole, il est là. Je ne suis plus seule. Il n’y a plus qu’à attendre une semaine pour avoir les résultats. Ça c’est fait ! J’ai l’esprit libre, je me sens soulagée d’aller de l’avant, les dés sont jetés. Aujourd’hui à 17h les résultats. Allongée sur mon lit, j’ai vidé mon esprit, trouvé une paix une sérénité, je suis prête à tous les scénarios possibles. Je repense à Christiane Singer : « accueillir le cœur ouvert, sans jugement », je tente d’entrer dans les mêmes courage et ouverture qu’elle. Je me sens portée par l’amour, celui de Jean, celui de mes enfants, quelque chose s’ouvre en moi, comme un espace inconnu. Je peux enfin prendre conscience de cette énergie, comme le dit le moine Tich Nat Than, « L’amour n’est pas une émotion, c’est une énergie » Je comprends ses mots. Ils sortent du blabla pour venir prendre forme et ressentis en moi. Grâce à cette nouvelle épreuve j’ai pu expérimenter l’Amour, je me sens rayonnante, débordante. Quelle étrange expérience. Comment l’idée de la souffrance, de la mort a pu réveiller en moi une telle force ? Je n’ai plus rien à perdre, je le sens. Je peux tout voir, tout vivre intensément. Je me remplie, du soleil, du printemps naissant, je me sens vivante dans chacune de mes cellules, comme si la peur m’ouvrait à la présence totale de tout ce qui m’entoure, comme si tout prenait sa valeur, la seule qui soit, la beauté de la vie… Le téléphone sonne. Je vais partir dans ¼ d’heure pour entendre les résultats des analyses, mais je décroche : « Bonjour, c’est Fabienne ! » C’est la première fois que nous sommes en relation directe par téléphone, nous avions échangé auparavant uniquement par e-mail. Son mari, m’avait contactée il y a presque 2 ans, car il venait d’apprendre qu’il avait un cancer. J’avais pu accueillir sa peur et ses pleurs et partager mon expérience du cancer. Nous avions vécu une extraordinaire séance par téléphone - il ne pouvait pas se déplacer et habitait le centre de la France -, nous avions beaucoup travaillé et ensuite échangé quelques mails. J’avais ressenti toute mon impuissance mais également qu’il avait pu être soulagé par ce que nous avions partagé. Il avait pu avoir un autre regard sur la vie, la maladie, la mort. Une goutte d’eau dans son océan de souffrance et de peurs. J’avais été très touchée par sa faim de comprendre, de savoir, il ne s’était pas beaucoup interrogé auparavant. Il faisait partie du corps médical. Il lui fallait faire vite. J’avais reçu quelques mails de sa femme qui avait besoin d’exprimer son impuissance, ses peurs. Puis plus de nouvelles. Quelques semaines auparavant, Fabienne m’avait envoyé un message écrit m’informant du décès de son mari et me remerciant pour l’aide apportée. Quel étrange hasard de recevoir l’appel de cette femme à moins d’une heure de mon « verdict »… Le temps de cette conversation téléphonique, j’ai totalement oublié mon rendez-vous, mon histoire, pour entrer à nouveau dans la sienne, parler de son mari, de la mort, du cancer, de la solitude, de sa peine et celle de ses enfants. Tenter de trouver les mots pour apaiser, pour donner un peu de lumière. Un moment intense de partage entre 2 femmes. Puis l’heure est venue pour moi de partir, de réintégrer mon « destin », d’aller chercher mes résultats. Son appel m’a remplie d’une force supplémentaire, d’un détachement. J’ai eu le sentiment qu’à travers elle, son mari était venu m’apporter sa force et son soutien au moment où j’en avais le plus besoin. J’ai la gratitude en moi. Je ne suis pas seule. Je pars enfin rejoindre Jean qui m’attend chez la radiologue. Il est là, je le sens présent, en confiance, il tient parole. C’est la première fois que je suis accompagnée. Quelle richesse ! Quelle chance ! Quel bonheur ! Il n’a même pas peur ! Alors moi non plus ! A deux c’est mieux ! J’ai le cœur léger. Nous entrons dans les bureaux. Les secrétaires sont sympathiques. Elles me demandent ma carte vitale. Je fouille mon portefeuille et retirant la carte verte de son emplacement, une petite photo en tombe. C’est une photo de Christiane Singer qui avait été offerte aux participants de la cérémonie de son « encielement » à Paris, il y a plus d’un an. J’avais dû la glisser dans mon portefeuille à ce moment là et l’avais totalement oubliée. Elle y est radieuse et souriante. Je l’ai rapidement remise en place dans un des espaces de mon portefeuille, depuis…je ne la retrouve plus… J’ai eu les larmes aux yeux , comme un nouveau message après celui de Fabienne et de son mari. J’ai ressenti la présence bienveillante et souriante de Christiane : « le cœur ouvert et sans jugement » ses mots résonnent en moi et occupent tout l’espace, je les répète à l’infini avant d’entrer dans le cabinet du médecin. Je n’ai pas voulu donner une interprétation positive ou négative à aucun des signes, ni celui de la photo de Christiane, ni celui de l’appel téléphonique. Je ne suis habitée que par la phrase : « accueillir le cœur ouvert et sans jugement » les propos de la radiologue. Ne pas avoir peur, garder la confiance dans la vie, en moi, en l’Univers. Je suis accompagnée, par ceux que j’aime qu’ils soient dans le royaume des vivants ou celui des morts. La radiologue est souriante. Elle m’annonce que c’est un moindre mal, qu’elle pensait que cela aurait été plus grave mais que probablement le travail que j’avais réalisé depuis 1 an sur « la boule » avait « contenu » les choses : Un « carcinome papillaire ». Moi, j’entends juste le mot « papillon ». Je dis : « C’est joli d’avoir des papillons dans le sein »…et Jean me serre la main. Ouf ! Je me sens soulagée, légère, pas de chimiothérapie, pas de rayons, une opération certes où il faudra sortir « la boule » et l’analyser plus complètement, mais cela me paraît anodin. Je vais le faire rapidement, car je n’ai plus besoin de « la boule ». Elle m’a fait faire un sacré chemin : celui qui mène à accueillir l’Amour. Elle m’a permis cette rencontre avec moi-même, elle m’a faite m’interroger sur ce que je veux vraiment de la vie, sur ce qui est important, sur le détachement, sur la joie des petits plaisirs du quotidien à partager avec tous ceux qui nous sont chers.. Elle m’a appris à être 2, à sortir de la force pour accueillir, pour recevoir dans la gratitude ce qu’un homme souhaite aujourd’hui me donner. Elle me donne l’envie de nouveaux projets, d’aller de l’avant, mais différemment…Je ne sais pas encore comment. Je sais que je ne suis plus seule. En résumé, une envie de vivre chaque instant dans l’intensité, la présence et la joie. J’ai une gratitude immense dans le cœur, Merci à « la boule » , merci à la Vie ! Rencontre avec… La TERRE Naissance dans le désert
La solitude. l’angoisse qu'elle m'a procurée durant des années est indescriptible ce qui m'a fait faire pas mal de bêtises pour la fuir… Je la ressentais comme une toile d’araignée qui m’enfermait, me rattrapait sans cesse, m’emprisonnait, je ne pouvais m’en dépêtrer. Un ami m'avait dit : "La solitude c'est lorsque l'on est un mauvais compagnon pour soi-même". J’avais pensé : « blabla…c’est une araignée accrochée à mes basques depuis l’enfance, même si je suis entourée de dizaines de personnes, elle ne me lâche jamais ! ». Il disait aussi "Mieux vaut être seul que mal accompagné". Ça m’agaçait ! Je reconnais maintenant qu’il avait totalement raison, j'étais vraiment une mauvaise compagne pour moi même ! Et il m’est arrivée d’être mal accompagnée pour ne pas me sentir seule… Je me réfugiais dans d'autres mondes, celui des livres, je dévorais, je me nourrissais, je rêvais, je m'évadais, je travaillais ou...je travaillais ! Pour ne pas penser, ressentir, pour occuper sans cesse mon esprit, pour l’éloigner de cette souffrance permanente, de ce vide, de ce gouffre qui parfois me laissait anéantie des week-ends entiers, lorsque je ne travaillais pas. Je « m’évitais » le plus possible pour ne pas me remettre en question, par peur de déranger les serpents que je croyais nichés au plus profond de moi et qui amèneraient le chaos si je les réveillais. Aujourd'hui, la solitude ne m'effraie plus, je l'apprécie, je sais parfaitement vivre avec. Nous nous sommes apprivoisées l’une l’autre, il a fallu du temps, beaucoup de temps mais j'ai maintenant une autonomie dont je ne me serais jamais crue capable. Je me sens pleine, je suis dans la confiance de ce qui se présente sur ma route, acceptant avec joie toutes les aventures de la vie. Il aura fallu des années de cauchemars et un cancer pour que cet éveil à moi-même s’effectue. C’est du vrai bonheur, une libération, la découverte et la concrétisation de ce que j'ai toujours su au fond de moi, c'est la magie de la vie, l'apprentissage permanent, un autre regard, une autre approche que je tente de partager Lorsque je travaille, je me sens remplie, guidée, c'est grisant. Lorsque tout s'arrête, je me retrouve seule face à moi même, n'ayant plus aucun sentiment d'existence propre et il me faut un moment pour m'en remettre. Souvent besoin d'entendre une voix, que l'on me parle pour intégrer que j'existe à nouveau pour moi-même, besoin de rire pour me souvenir que la vie peut être belle. Je traverse les sensations et souffrances de tous ceux avec qui je travaille et je dois tout oublier pour me retrouver. On me demande souvent qui m'a enseignée, comment j’ai été « guidée » dans cette voie, comment j’ai fait pour évoluer... En fait, c’est une découverte progressive de ce que je suis, de ce que je peux, de mes limites pour les dépasser, de mise en lumière de mes croyances négatives pour les transformer, une sorte de « re-naissance » à moi-même. Je n’ai jamais accepté aucun "Maître"..... J'ai fait des rencontres merveilleuses et riches, j'ai appris de la nature. Je reçois également des formes d'initiations que je qualifierais de « spontanées » qui pourraient s’apparenter à des initiations "chamaniques", mais ce sont uniquement des situations rencontrées au gré des lieux, des rencontres que l’Univers a mis sur ma route, qui m’ont amenée à certaines compréhensions. L’une des plus fabuleuses, mais est il possible de les classer ? Enfin celle-là a été particulière à traverser, avec beaucoup de peur, c’était peut-être l’une des premières dans une conscience et une compréhension totale... ************* Depuis plusieurs années, je travaille à Dubaï, dans les Emirats Arabes Unis. Avec mon amie qui vit là-bas, nous avons pris l’habitude de fêter nos anniversaires respectifs et la fin de mon séjour dans le désert. Quel luxe ! Un coucher de soleil indescriptible, une bouteille de champagne, un plateau garni de verres à pied, de petits mets délicieux, un gâteau et des bougies dans un camping improvisé au milieu de nulle part. Nous dormons en général à la belle étoile, sous la douceur de la voie lactée…Quelle merveille ! Quelle chance ! C’était la 1ère année, nous étions aux portes du désert et du Sultanat d'Oman, le jour même de mon anniversaire. Nous étions parties camper dans un wadi (un lit de rivière) où nous avions rejoint un groupe de grimpeurs. J'étais mal ! Une angoisse inexpliquée m’avait saisie dès l’arrivée dans ce goulot au milieu de montagnes sombres dont la roche était coupante comme un rasoir. J’avais le sentiment inconfortable d’être observée. Je distinguais des visages hostiles dessinés dans les aspérités des roches, un vrai cauchemar. Je sentais la Mort, sa présence, son odeur, sa puissance. Elle était là rodant dans ces lieux inhospitaliers ! On a planté la toile de tente car il y avait de l’humidité, pas de nuit à la belle étoile…et je suis allée me promener un peu plus loin, seule pour éloigner mes peurs et me soulager. Je franchis un talus, tous mes sens aux aguets, craignant serpents ou scorpions et là… Je tombe nez à nez avec des cadavres récents de chèvres... confirmation de ma sensation par rapport à la mort. Mon mal-être s’intensifie dans chacune de mes cellules ! Je fais part de ma découverte macabre au groupe. Des pluies torrentielles, violentes sont tombées la semaine précédente et le wadi s’est rempli soudainement l’eau entraînant tout sur son passage, chèvres y compris…Pas rassurant quand même pour passer la nuit au milieu d’un gué asséché. Je suis originaire du sud et je connais la traîtrise de l’eau qui monte d’un coup sur les terres arides qui n’arrivent pas à la boire… J’aime l’aventure mais manque parfois de témérité, surtout lorsque je sens la Mort dans les lieux ! Feu de camp, conversations sympas avec le groupe de grimpeurs. Surprise et surtout profondément touchée par les cadeaux, chants et bougies qui accompagnent mon gâteau d'anniversaire. Magie de l’amitié, de l’inconnu, surprise du désert : plus personne ne me fêtait mon anniversaire depuis si longtemps et là au milieu du désert, dans un autre monde…. Si émue et bouleversée que je n'en comprends plus l'anglais, besoin de m’isoler, je suis allée me coucher. Nous partagions la toile de tente avec mon amie qui poursuivait la soirée près du feu de camp éloigné de plusieurs centaines de mètres au milieu du lit de la rivière. J'adore camper, je trouve que c'est le summum de l'aventure. Blottie dans mon sac de couchage sur un fin matelas de fortune dans la toile de tente, bien consciente des cailloux qui me signalent activement leur présence en s’enfonçant dans mes côtes, une panique totale inexpliquée me saisit. Comme une crise de claustrophobie. Je tente de me raisonner « çà va pas la tête, t’as toujours aimé camper, tu n’as jamais eu peur dans une toile de tente, tu n’es pas enfermée… » Aucun raisonnement rationnel ne me rassure, ne m’apaise. J’ai le sentiment de m'étouffer, de mourir. Tout mon corps n’est que douleur, pas un seul de mes os n’échappe à cette souffrance sourde. Je me fixe sur ma respiration pour tenter de sortir mon esprit de cette terreur qui n’a aucun fondement. Mon amie est arrivée, elle a bien arrosé la soirée et s'est endormie instantanément . Je ne lui ai rien dit par peur du ridicule. Je pensais que sa présence allait me sécuriser, ce fut pire ! J'étouffais encore plus, envie d'arracher mon sac de couchage. J’ai bien envisagé de dormir à l’extérieur mais une humidité totale, des pierres partout et la peur des bêtes qui auraient pu me surprendre, m’ont dissuadée. Je suis restée dans la toile espérant que le sommeil allait me « faucher » d’un coup. Espoir inutile ! Je me suis demandée si je ne devenais pas folle, parano…. Malgré la protection de la toile de tente, j'avais le sentiment totalement irrationnel que les roches des montagnes me "scannaient", entraient en moi. Je me sentais observée, dénudée jusqu'au fond de mon âme, sans la moindre complaisance, je sentais le danger, sans pouvoir mettre de mots dessus. J'ai commencé une sorte de descente dans les profondeurs de la terre, le noir complet, l'étouffement, l'horreur, l'enfer ... Au bout d’un certain temps qui m’a paru une éternité, j'ai tout à coup eu la sensation d'être "validée, acceptée" quelque chose s'ouvrait, s’apaisait, la peur me quittait également, aussi soudainement qu’elle était venue. Je pouvais respirer à nouveau. Et là...je suis devenue cailloux, roches, montagnes, terre, lumière. Comment mettre en mots l’indescriptible ? J'ai ressenti la pierre, la terre, la montagne : sa couleur, son odeur, son histoire.. Je n'ai que la pauvreté de mon vocabulaire pour expliquer l'inexplicable. Je suis devenue Elle. J'ai senti sa bonté, sa rigueur, sa force, sa puissance, son intransigeance, sa souffrance, son amour. Un moment d'infini. La paix est ensuite venue en moi. Comme si j’émergeais vers la surface régénérée par une nouvelle force. Je suis née de cette terre là, elle m'a re-donné la vie, elle m'a accueillie, j'ai ressenti tout son amour, cet amour inconditionnel et je me suis enfin endormie comme un bébé. Le lendemain, personne n'avait dormi, il paraît que c'est un lieu réputé étrange où personne ne peut dormir, on ne sait pas pourquoi. Pour mon amie, c'était la 1ère fois qu'elle avait pu s'endormir instantanément comme elle l'avait fait...Je devais certainement faire cette expérience seule… Lorsque au petit matin, j'ai regardé les montagnes, les visages torturés, terrifiants, que j'y voyais la veille étaient maintenant souriants. Je faisais partie de leur monde. Quel bonheur de se sentir acceptée et aimée ainsi ! Je me suis mise à vraiment exister, je suis née à la vie ce jour là. J'avais un telle enveloppe énergétique que si l'on m'approchait cela m'étouffait immédiatement. Le plus difficile a été dans l'avion du retour, la proximité de mes voisins. Mon imagination ? Peut-être, selon des critères rationnels. A mon retour, lors de mon rendez-vous mensuel, mon ostéopathe préféré lorsqu'il m'a touchée, m'a dit sans rien savoir : "Que s'est il passé là-bas ? tu as l'élément Terre en toi ! Il me faut te travailler comme un nouveau né, tu en as tous les symptômes !" Cette aventure a été très puissante, j’ai pu grâce à elle, transformer et dépasser beaucoup de mes modes de fonctionnement. Mais surtout il m’a été enseigné un formidable moyen d’accompagner, sur leur chemin, ceux qui me font confiance…
Le processus de « re-naissance » symbolique Cette expérience m’a donné une compréhension et un outil qui me permettent d’accompagner en toute sécurité les personnes qui ont besoin de vivre une « re-naissance » symbolique pour transformer leur vie. C’est un processus que je ne suis pas capable de provoquer si la personne n’y est pas « prête » dans ses cellules. Il est inutile de me demander « fais moi faire une re-naissance », cela m’est impossible. Certaines méthodes comme le rebirth peuvent provoquer un état de conscience modifiée qui emmène dans des sensations similaires mais je ne pratique pas cela et n’ai aucune compétence dans ce domaine. C’est le corps du patient qui m’informe du besoin en me donnant la sensation. Lorsque je le touche pour le ressentir, j’ai la sensation de devenir une sorte d’haricot germé qui veut revenir en terre. Le corps exprime ainsi son besoin de retourner au plus profond de la terre, dans le sombre, aux origines, à la source de la vie. Je retrouve, dans ce contact là, la sensation ressentie sous la toile de tente, mais cette fois sans la moindre appréhension car j’en connais la destination finale. Lorsque je reçois cette information, j’éprouve une véritable joie car je sais que cela signifie une possibilité de changements, de transformations pour la personne. Pas forcément faciles mais prometteurs de renouveau, de choix, de liberté. J’explique : « tu es dans une phase de changements et de choix que tu n’arrives pas à faire actuellement » ce qu’ils me confirment tous. Je demande à la personne, en position debout, yeux fermés, de respirer tranquillement, tout en relâchant totalement sa nuque où je pose légèrement ma main afin qu’elle se sente accompagnée dans cette expérience nouvelle. Je lui dis que nous allons effectuer un voyage ensembles, en sécurité, qu’elle doit simplement être à l’écoute de ses ressentis et qu’elle suive sans résistance les mouvements que lui indique son corps. Et là…magie totale ! Un mouvement se met en place, celui du haricot qui rentre en terre, il part du sacrum pour remonter jusqu’à la nuque où est posée ma main. Le corps du patient suit, à son rythme propre, le mouvement de descente. Doucement, le corps se penche pour aller vers le sol, les jambes se plient et à l’arrivée sur le sol, il se positionne en fœtus. A ce moment là, je l’enlace à même le sol, de tout mon corps, mes bras l’enserre et mes mains entourent son crâne. J’encourage la personne à poursuivre la « descente » dans la sensation. Il y a de multiples réactions durant ce « voyage », il est possible d’y croiser la peur, la tristesse, le bien-être, la sensation de mourir, les larmes… J’ai pu vérifier, sur des sensations fortes, les correspondances avec la réalité vécue par le fœtus (informations données par les mères concernées sur ce qu’elles avaient vécu durant leur grossesse). J’ai ainsi pu me forger l’idée que nous sommes vraiment imprégnés dans nos cellules de ces mémoires que l’on pourrait qualifier de « fœtales » et que parfois elles se réveillent nous y autorisant l’accès. Il faut être vigilant, inutile d’analyser chaque ressenti et de tenter d’en tirer des conclusions hâtives… « Oui, j’ai bien ressenti que ma mère ne me voulait pas et souhaitait ma mort… ». Il ne faut pas oublier que le fœtus est déconnecté de la réalité, en effet il n’est imprégné que de ressentis. Par exemple, lorsque j’ai attendu mes fils, durant les 3 premiers mois, j’étais tellement malade qu’il m’est arrivée d’envisager d’avorter malgré le fait qu’ils étaient vraiment « voulus ». Ils auraient pu ressentir mon intention de me « débarrasser » d’eux à un moment donné alors qu’en réalité, après ce cap difficile, j’ai eu une joie immense à les amener à la vie. Donc…prudence… pas d’interprétations rapides et infondée, un ressenti n’est pas une référence objective qui grave une « réalité » dans le marbre… Et ne pas avoir été désiré n’empêche pas d’avoir été aimé… La personne poursuit donc le « voyage » jusqu’à un point où le mouvement s’arrête, comme si tout se posait dans la paix et l’amour, une sorte de grand lac calme argenté. Je lui fais prendre conscience du lieu où elle se trouve et de ce qui se passe en elle, autour d’elle. Un sentiment profond de sécurité et d’amour l’envahit. Je lui dis : « tu es revenue à l’origine, à la source, là où l’Univers, les forces de vie t’ont désirée et aimée » Mon corps dégage alors une grande chaleur dont j’ai parfaitement conscience et qui est inhabituelle chez moi (demandez à mon compagnon qui vous dira à quel point je suis toujours glacée…). Je lui demande de « respirer » « boire à la paille » cette chaleur par leur ventre – « Comme si ton ventre venait boire au mien » pour en remplir toutes ses cellules, tout son corps, et de continuer à bien suivre les mouvements qu’il souhaite effectuer. C’est un moment magique de sentir le crâne se mettre instinctivement en mouvement, se redresser, pousser et tenter de sortir. Je sens comme un serpent d’énergie, un courant, qui se déroule du sacrum jusqu’au sommet du crâne de la personne. J’encourage toujours, lui indiquant qu’elle a trouvé la sortie, que la vie est là, qu’elle se mérite. L’enveloppe que je symbolise en entourant le corps est celle du ventre de la maman, et nous vivons alors un véritable accouchement ! D’une personne à l’autre, les sensations sont totalement différentes. Parfois, je dois en encourager certains jusqu’à les menacer d’arrêter le processus s’ils ne sortent pas, s’ils ne suivent pas le mouvement. J’apprends ensuite qu’ils sont nés par césarienne ! Depuis que j’ai pu faire ce lien, je les informe que personne ne viendra les chercher, personne ne viendra les aider, qu’ils doivent décider seuls et que s’ils veulent rester là, ce sera leur choix…Je veille également que tout leur corps ressente cette « sortie » symbolique au travers de l’anneau formé par mes bras et j’encourage « va au bout ! jusqu’au bout ! ». Certains s’arrêtent en cours de route et se mettent en attente « n’attends aucune aide de ma part, tu dois faire le chemin jusqu’au bout ! » et ensuite ils me confirment avoir subi les forceps durant leur véritable arrivée car ils étaient bloqués, n’arrivaient pas assez vite ou autre … Comme je l’ai expliqué précédemment dans « le chant des sirènes », la naissance est le premier apprentissage du passage à l’acte pour le cerveau. Selon ce qui aura été vécu, ressenti, nous mettrons en œuvre selon le schéma intégré lors de cet évènement qui s’avère crucial et devient LA référence lors des moments importants de décisions et changements. De nombreux médecins, ostéopathes, « accompagnants » de la naissance ont pris conscience de l’importance des conditions d’accueil du bébé, mais également des conséquences de ces naissances « programmées » non pour des raisons médicales mais pour un confort tant pour le corps médical que pour les futurs parents ravis. C’est en effet génial, pour s’organiser, de connaître le jour et l’heure de l’arrivée de bébé…Mais quelles conséquences pour sa vie future ! On peut citer à titre d’exemple, la capacité à prendre des décisions. Dans un accouchement « naturel », ce ne sont pas les médecins ou les parents qui décident de l’arrivée du petit nouveau, c’est lui. Est-ce la capacité d’entendre le message, comme les vers à soie, que tout est en place et qu’il faut se mettre en œuvre ? Mais il est clair que la décision de se mettre en oeuvre appartient au bébé. Il choisit le moment de son arrivée. C’est son premier choix, et le processus de prise de décision peut ainsi être« intégré » par le cerveau. Il est intéressant d’observer la difficulté de certains (adultes ou enfants) à prendre des décisions, à choisir et de s’interroger sur leurs conditions de naissance… (une césarienne ou un accouchement programmés ne laissent pas de place à la prise de décision pour l’enfant. Il subit, les autres choisissent pour lui) Quand on sait vers quels « conditionnements » cela va le conduire, il est important d’y réfléchir à 2 fois avant de choisir les « options de confort modernes » Heureusement, certains obstétriciens célèbres tentent de démontrer toutes les conséquences de ces interventions instaurées pour le confort (souvent du corps médical) et non par nécessité médicale. **** Je viens de faire récemment une « re-naissance » à une jeune femme. C’était son premier rendez-vous, elle n’avait jamais fait la moindre séance de thérapie de sa vie. Un peu surprise, ayant vérifié à 2 fois mon ressenti, je lui ai simplement dit « Bon, on va faire quelque chose de spécial ». Et le processus s’est déroulé. Lorsqu’elle était enfermée dans mes bras, j’ai ressenti la chaleur, elle s’en remplissait mais ne bougeait pas, j’avais vraiment le sentiment qu’elle ne voulait pas sortir, et qu’il y avait une notion de danger à l’extérieur. Encouragée, elle a réussi à passer la tête et un bras, puis son corps est redevenu inerte, plus aucun mouvement. Je l’ai bousculée, comme pour la réveiller, pour lui redonner une impulsion, la stimulant : « la liberté t’attend, bouge ! Sors de là, tu es en sécurité, tout va bien il n’y a pas de danger !» Elle s’est enfin remise en route. Totalement « sortie », je l’ai prise dans mes bras. Elle s’est agrippée désespérément à mon corps en pleurant. Je lui soufflais remplie de tendresse : « Bienvenue ma fille, bienvenue, tu es libre », elle se serrait, se rassurait et petit à petit s’apaisait. Elle a enfin émergé, ouvert les yeux et m’a sourie. C’était terminé. Je lui ai dit ma sensation de danger et le fait qu’elle voulait rester à l’intérieur de mon « ventre ». Elle a gentiment souri m’expliquant alors qu’elle était la dernière de 6 enfants. « Accident tardif» elle était arrivée avec 3 semaines de retard, sa mère lui avait raconté qu’elle avait eu la sensation qu’elle ne voulait pas sortir. La notion de danger était également très claire pour elle : son père, alcoolique battait sa mère, même enceinte, depuis des années. Saoul, il était passé en tracteur sur le frère aîné, qui n’avait alors que 2 ans, l’enfant était resté défiguré et handicapé à vie… Imaginez l’état d’esprit de la mère lorsqu’elle s’est retrouvée enceinte d’un sixième enfant à protéger ?!! Mais surtout quels « programmes » peut avoir intégré ce foetus durant la gestation ! Tout cela conditionnait sa vie : elle n’arrivait jamais à se mettre en œuvre ayant toujours un sentiment de danger qu’elle ne parvenait pas à dépasser n’ayant pas fait le lien avec le vécu de ses parents et de son frère. Que permet une « re-naissance » symbolique ? Le cerveau ne fait pas la différence entre le réel, l’imaginaire et le symbolique. Ce sont les mêmes neurones qui imaginent et qui réalisent, c’est pourquoi il est impossible de réaliser ce que l’on n’est pas capable d’imaginer. Donc dans cette énergie de re-naissance, tout le corps reçoit les sensations et stimuli d’une véritable naissance et transmet ainsi l’information au cerveau, à savoir, une nouvelle expérience associée à la naissance, donc au passage à l’acte. Comme cette re-naissance symbolique est différente de celle vécue dans la réalité, une nouvelle connexion neuronale se crée, intégrant tous les nouveaux paramètres vécus et ressentis. Permettant ainsi une référence différente à la notion du passage à l’acte car cette fois la personne en ressent les étapes différemment de l’origine : « je choisis, je suis accueillie, aimée, libre, vivante, en bonne santé, je suis capable d’aller au bout seule… » J’attire toujours l’attention de mes patients sur le fait qu’une « re-naissance » donne de nouvelles possibilités mais que nous sommes « formatés » par des années d’habitudes et qu’il faut être conscient des changements que nous mettons en place. Rien ne se fera sans nous. Le plus fantastique des protocoles, des thérapeutes, ne sont là que pour nous ouvrir à de nouveaux possibles nous donnant le choix d’aller vers le « nouveau » ou de rester dans ce que nous connaissons ! Nous pourrions comparer cela à un chemin avec une grosse ornière inconfortable en son milieu. Nous avons l’habitude de passer par ce chemin, OK c’est inconfortable mais nous avons l’habitude, nous serrons les dents jusqu’à la sortie de l’ornière, même si c’est douloureux. La « re-naissance » ou tout processus de transformation crée un nouveau sentier qui évite l’ornière. Nous avons donc le choix de suivre la route inconfortable habituelle, de passer par l’ornière que nous connaissons bien ou d’expérimenter ce nouveau sentier, un peu embroussaillé (c’est vraiment pas une autoroute !) mais qui s’élargit au fur et à mesure que nous l’expérimentons. La re-naissance donne à notre cerveau une nouvelle possibilité pour que nous choisissions le nouveau sentier…mais cela ne se fera pas sans nous ou malgré nous ! Nous devons décider consciemment de prendre le sentier, de changer nos habitudes, nos croyances. A chaque accompagnement de « re-naissance », je ressens ce que j’ai vécu dans ma « descente » personnelle au cœur de la Terre Mère. Aucune crainte ne m’habite, j’ai une joie et une gratitude profonde de pouvoir accompagner dans cette expérience libératrice et prometteuse de transformations, de choix nouveaux. C’est vraiment un honneur. Mon corps devient, à ce moment là, le wadi à la frontière du Sultanat d'Oman. La Terre Mère est en moi, ainsi que tout son amour, elle donne toute sa chaleur et sa puissance, c'est ce qui rend tout possible. Tels des fœtus, nous retrouvons le chemin du départ, de la Source, celui qui mène à la liberté, à la vie, avec toutes les forces et l’amour dont nous avons parfois manqué. Nous faisons partie de l’Univers, la Terre est notre mère, nous en sommes les enfants. Cette conscience est primordiale pour les générations futures. Nous avons à tout âge la possibilité de « re-naître » à une nouvelle vie ! Rencontre avec… Le FEU
Nous voici à Montréal, au Canada, avec mon fils Axel. Janine et son « chum » Jean Pascal m’ont invitée afin de co-animer un atelier associant la méthode ESPERE de Jacques Salomé et les Constellations familiales L’atelier s’est déroulé dans le cadre magnifique de l’Auberge du Lac Carré. Nous avons vécu et partagé, durant 5 jours, une intensité et une amitié que je n’oublierai pas. Matin et soir, découverte des méditations dynamique d’Osho offertes par les gérants de l’Auberge qui nous accueillaient. J’ai pu déconnecter mon mental, me centrer sur ma respiration, me libérer après mon travail grâce à cette pratique qui est tout en musique et danses. Je n’avais jamais réussi à apprécier et effectuer une méditation « statique », l’impatience me gagnait systématiquement ainsi que des fou-rires incontrôlables perturbant ceux qui pratiquaient… Ce type de méditations « dynamiques » m’avait vraiment permis d’expérimenter ma capacité à recentrer mon esprit blablateur et vagabond, dans l’instant présent. J’avais demandé à Janine s’il était possible de rencontrer un shaman durant mon séjour au Canada. Un de ses amis lui a indiqué une personne sérieuse. Je n’avais qu’un jour de disponible pour le rencontrer avant de prendre l’avion du retour. Par chance, tout s’est mis en place pour cette rencontre … La veille de notre départ, l’homme animait une « sweat-lodge » pour les policiers amérindiens de l’école de police du Québec. Il m’avait envoyé un mail avant mon départ pour me dire qu’il aurait du plaisir à me rencontrer, qu’il m’invitait à le rejoindre et m’avait prévenue que cela serait « intense ».. N’ayant déjà aucune idée de ce que pouvait être une « sweat-lodge » , j’avoue que la notion d’intensité ne signifiait absolument rien pour moi. Nous voici donc partis, Axel et moi, pour une nouvelle aventure. Munis d’un paquet de tabac pour les offrandes aux esprits ( ?) sur les consignes du shaman, à l’heure dite, nous le retrouvons, dans son gros 4x4. Il me présente Serena sa femme et Leonard son fils de 11 ans. Il m’explique que son fils aîné, Raoul, finit le lendemain l’école de police amérindienne. Il va recevoir son diplôme lors d’une cérémonie officielle, ce qui explique sa présence ici. Pour honorer ces nouveaux policiers amérindiens, il leur offre une sweat-lodge dans la tradition indienne. Je sens qu’il va se passer quelque chose. Yvon, le formateur des policiers amérindiens, se présente. Quel bel homme ! Peau cuivrée, cheveux noir.. waouh ! Mieux que ceux dans les films …! Nous montons dans sa voiture avec Axel. J’entame la conversation, je lui pose des questions sur son métier. Il me parle de la difficulté des communauté amérindienne, 80% d’alcooliques et de drogués, des suicides tous les jours. Des enfants de 8 ans se pendent ! Je sens son désespoir. Je l’écoute. Il se surprend à parler de l’un de ses collègues. Il y a 6 ans, il s’est suicidé en quittant le travail. Il n’a rien vu venir, n’a pas pu l’aider, depuis il porte un lourd sentiment de culpabilité. Je lui parle de ce que je connais, de ce que j’ai observé dans les suicides par pendaison, cette force qui vous prend et vous entraîne parfois malgré vous. C’est une force de l’ombre qui vient du passé, elle est alimentée par les drames et injustices vécues dans le système familial. Elle est plus forte que la volonté, elle saisit sa victime. « Alors je ne pouvais rien faire pour lui ? » « Non, juste accepter son destin et l’honorer » J’ai vu son visage se libérer, une profonde reconnaissance et une complicité s’est installée. Respect. Nous arrivons dans une propriété en bordure des bois. Yvon nous dépose et repart. Il reviendra ce soir pour la cérémonie. Le Shaman repère les lieux, décide de l’emplacement de la sweat. Puis avec sa hache et mon fils, ils partent dans les bois pour couper de fins troncs souples d’érable. Il me demande le nom des essences d’arbres que nous croisons. Je les lui donne. Je le sens surpris de cette connaissance, en fait il me teste. Je réalise qu’il a de la difficulté à compter les troncs coupés, il demande à Axel de le faire. Il m’explique qu’il a quitté l’école très tôt, qu’il est un ancien alcoolique et drogué et qu’il est devenu chaman après avoir traversé l’enfer. Nous avons le même âge, le même sens de l’humour. Nous rions beaucoup,. je réponds du tac au tac à ses plaisanteries, il aime cela. Pas le droit de toucher le bois, c’est pas le travail des femmes… Pas le droit de faire de photos, c’est une cérémonie sacrée. Je respecte les traditions. Avec sa femme nous attachons avec des cordelettes blanches les branches courbées qui donnent naissance à une structure en forme de igloo rond d’1m50 de haut et de 2.50 de diamètre. Un petit passage sera la porte. Dans cette hutte, il creuse un centre pour accueillir les « grand-pères ». 28 pierres d’environ 2 ou 3 kilos qui seront chauffées au rouge. La hutte est recouverte d’un ancien parachute, de couvertures et de grandes bâches qui l’isolent de l’air et de la lumière. Le noir s’installe, l’espace est réduit. Je calcule que je me mettrai à côté de la porte, je ne sais pas si je pourrai rester dans un tel espace, claustrophobie oblige… Je demande au shaman si nous serons nombreux : « Non je ne pense pas 5 ou 6 , je sais pas exactement » Il ne semble pas avoir le sens des nombres, je vais vraiment le constater un peu plus tard… Raoul, le fils aîné, futur policier, vient nous rejoindre. Ma présence le dérange, il m’évite et ne m’adresse pas la parole. Je reste à ma place sans forcer le passage. Il monte, avec l’aide d’Axel ,un bûcher. Les pierres sont au milieu, parsemées d’une offrande de tabac, et recouvertes d’une pyramide de bois, puis d’écorces de bouleau pour enflammer rapidement. A 19h, il allume le feu. Axel prend son rôle très au sérieux, il est l’assistant du gardien du feu, il a compris instinctivement sa position et tient sa place. Nous restons tous les 2 seuls sur les lieux, le shaman est allé mangé chez Mac Do… ! Eh oui, c’est un shaman du 21e siècle.. Vers 21h, arrivent des voitures, pleins de voitures…OUPS !!! Une quinzaine d’amérindiens de différentes communautés sont là, ils sont jeunes entre 25 et 35 ans. Yvon, leur formateur est là. Regard amical complice qui me fait du bien. Ils sont surpris de me voir, limite contrariés.. Je tente un amical et accueillant « Bonjour ! je suis Brigitte » En retour des « ‘jour M’dame ! » laconiques et fuyants. C’est mal barré ! Je me dis que nous n’allons jamais pouvoir tous entrer dans cet espace exiguë, mon idée de me positionner près de la sortie s’ancre encore plus. Ils ne peuvent se déshabiller entièrement du fait de ma présence et de la femme du Shaman. J’ai revêtu un paréo et un débardeur. La cérémonie commence. Le Shaman offre à chaque homme un bandeau rouge dont ils s’entourent la tête. Ils sont beaux, authentiques je me sens intimidée. Le Shaman offre à chacun d’eux une plume d’aigle, Yvon se voit octroyer une grande plume que le Shaman qualifie de « plume de pointeur » pour ceux qui guident. Dans une coupelle brûle de la sauge, il nous invite sa femme et moi à nous purifier dans la fumée, je regarde attentivement Sélena et reproduit ses mouvements tentant de cacher ma crainte de mal faire. Nous jetons une offrande de tabac dans le feu pour honorer les esprits et les ancêtres. Puis le Shaman nous désigne à toutes 2 nos places : face à la porte dans le fond de la hutte, sa femme à sa droite et moi à sa gauche. A l’opposé de mon souhait… L’angoisse me saisit, aucune possibilité de fuite, bloquée… C’est une situation qui m’est invivable en toutes circonstances, où que je sois, je choisis toujours une place qui me permette de partir quand je le souhaite. L’angoisse monte d’un cran… Nous sommes 14 dans cet espace réduit, je dois tenir, oublier mes angoisses, mes croyances… Je suis mal…mais ils ne le savent pas. Le Shaman nous explique que cette cérémonie s’effectue sous la protection de l’Aigle, que c’est l’Aigle qui va nous initier. L’Aigle est mon animal totem depuis toujours. Je laisse entrer en moi un début de confiance. Je sais que j’ai été guidée jusqu’ici, que quelque chose doit être vécu. Le Shaman a une plume d’aigle dans la main. Il dit « J’ai une plume que je destine à quelqu’un de spécial, vous allez la faire passer de main en main et je dirai ensuite à qui elle est destinée » Il me passe la plume, elle fait le tour du cercle et revient dans les mains du Shaman. A ma grande surprise, il se tourne vers moi et m’offre la plume « J’ai invité cette femme à partager cette cérémonie, elle est Française ». Mon cœur bat la chamade, je remercie très touchée. En tant que femme je ne dois pas croiser les jambes juste les plier à coté de moi, dur ! dur ! La cérémonie peut commencer. Je garde ma plume d’aigle et lui demande de l’aide, je sens que cela va être très difficile. Alors que le petit bout de « porte » est encore ouvert, qu’on y voit encore clair, je me sens déjà mal… Le Shaman nous indique que le gardien du feu, qui reste à l’extérieur, peut faire des offrandes de tabac, en notre nom, aux esprits et au feu si nous manquons d’énergie. Pour cela nous devons crier 3 fois un mot indien pour lui faire part de notre demande. Puis il ordonne : « Faites entrer les Grand Pères ! ». Le gardien du feu, armé d’une fourche, amène, une à une, 7 pierres incandescentes. Chaleur suffocante immédiate. Le shaman jette quelques herbes qui crépitent et parfume la hutte. La fumée envahit tout. Un jeune lui demande ce qu’il a mis dans le feu « mes crottes de nez que je sèche depuis 1 an pour cette cérémonie ! » lui répond le shaman qui ne se prend pas au sérieux, tout en faisant chauffer son tambour au dessus des pierres. « Fermez la porte » ordonne-t-il. La cérémonie commence, il ne plaisante plus, totalement centré. J’ai cru mourir à ce moment là. Dans le noir, dans cet espace réduit totalement hermétique, entourée de 13 inconnus hostiles, bloquée… La panique m’a envahie…Celle qui vous fait hurler, bondir, en cassant tout pour vous frayer un chemin…L’horreur ! Je ne peux plus respirer, mon corps va exploser, ma tête ne contrôle plus rien, le temps suspend son vol… Et puis un semblant de raison émerge, une lueur se fait dans mon esprit. La plume d’Aigle me soutient, je la sens, il n’y a plus qu’elle, elle et ma respiration. Je mets toute mon attention sur ma plume et ma respiration, la chaleur extérieure s’estompe, juste ma plume et respirer…Je me souviens des méditations d’Osho que j’ai pratiqué 2 fois par jour, les jours précédents. Je perçois le Shaman en attente à côté de moi. Je me sens en test « craquera ou craquera pas la Française ? Touriste du shamanisme ou vraie ? » Je sens le défi. Tout à coup viennent à mon esprit toutes ces personnes que je croise dans mon quotidien, mes « clients », puis tous ceux à qui je dois la vie : mes ancêtres. Je vois le chemin parcouru… je les ai tous dans le cœur : « En votre honneur, en l’honneur de la vie que j’ai reçue, par la force de vos destins, je vais vivre tout cela » cette phrase prend tout son sens dans cette hutte de sudation. Tout devient simple et lumineux en moi, en paix. La panique m’a quittée, je sais que j’irai au bout. Mes mains caressent la plume et mon esprit peut enfin se fixer et recevoir les paroles du Shaman. Il entonne un chant indien puis frappe sur son tambour. Tout mon corps entre en vibration, je deviens le tambour. Jamais eu une telle sensation. Toutes les musiques entendues à ce jour ? Du folklore par rapport à cette voix et ces vibrations qui entrent en moi ! Chaque cellule de mon corps vibre. Respire et écoute… Respire et écoute… La cérémonie est offerte aux 4 portes : nord, sud, est, ouest. A chaque porte correspond une initiation. L’initiation consiste en de belles histoires dont l’Aigle est l’acteur principal, contée par le Shaman. La mythologie indienne y est au centre. Il s’effectue une construction dans notre inconscient à partir de ces récits. Le Shaman jette de l’eau sur les pierres, vapeur intense : mon corps ruisselle. Il n’y a plus de notion de temps. Respire et écoute, plus rien n’existe, juste ma respiration et la voix du shaman. Je me sens bien, présente. Selon mon fils, la 1ère porte a duré environ 1 h. Puis la porte s’ouvre et nous sortons boire de l’eau. Les indiens forment un cercle. Je suis à côté, personne ne m’adresse la parole, pas de place pour moi. Je reste centrée, je sais que ce n’est que la 1ère étape. Nous réintégrons nos places. « Gardien du Feu, les grand pères ! » 7 nouvelles pierres rougeoyantes sont amenées et superposée aux 7 déjà présentes et toujours chaudes. Bien entendu la température monte d’un cran. Enfin de plusieurs… Respire et écoute, juste respire… Herbes, tambour, chants, initiations, eau…le Shaman utilise une aile d’aigle pour nous « distribuer » la chaleur et la vapeur dégagées. C’est brûlant, étouffant, mais je tiendrai ! Plusieurs indiens sollicitent l’aide du gardien du feu, ils ont un malaise, le shaman leur conseille de respirer près du sol, prés du bord de la hutte où peut filtrer un peu d’air. A la fin de cette initiation là, il explique que lorsque l’on sent que quelqu’un ne va pas bien, il faut toujours lui demander de siffler. « S’il peut siffler c’est qu’il y a encore en lui le souffle de la vie. S’il ne peut le faire, ne le laisse pas seul ! » et j’ai repensé à tous ces suicides dont m’a parlé Yvan dans cette communauté amérindienne, y compris chez les policiers, j’ai bien entendu le message. « Ouvrez la porte et sifflez en sortant ! » ordonne le shaman J’ai la joie en moi, je sais que je vais tout traverser. Je réponds à la demande. En sortant je regarde le shaman droit dans les yeux, je souris et je lance un sifflet admiratif sur 2 tons, très fière de moi. Puéril mais drôlement bon ! Le shaman sourit joyeux. Je vois le sourire complice de Yvon, l’indien formateur. Je vais boire à nouveau. Il y a maintenant de la curiosité à mon égard mais pas encore de l’ouverture. Deux jeunes hommes, dépités, honteux, abandonnent. J’ai mal pour eux. Troisième porte. Nous en sommes à 21 pierres. Fait vraiment très chaud ! Lorsque le shaman balaie la chaleur, il y a des hurlements, c’est quasiment une brûlure. Respire, respire, juste respire… Mes poumons sont en feu, je suis le feu. Nouvelle initiation, nouveau conte avec l’Aigle. Nous sortons une nouvelle fois. Je prends de l’eau, le cercle s’est ouvert, ils me font une place et m’y invitent. « Qui es tu ? » « Brigitte ! » Mon voisin de sweat-lodge me demande « Tu as senti le tambour ?!! » et nous rions. Quel bonheur, je suis acceptée ! Pour nombre d’entre eux c’est la 1ere fois qu’ils expérimentent cette tradition amérindienne. Ils reprennent contact avec leur rite, leur culture, leur tradition. A travers eux, je comprends ce que je représente : la France et tous ceux qui ne les ont pas respectés, qui leur ont imposé une religion, fait perdre culture et repères, ceux qui ont contribué à leur destruction. Leur peuple si fier auparavant se noie aujourd’hui dans la drogue et l’alcool et certains ont pris conscience que la solution passait par retrouver les racines, les traditions afin de réintégrer, de se réapproprier le savoir des ancêtres, de se remettre en paix dans son identité…Le shaman contribue à cette reconstruction, à ce retour vers leurs origines, leurs traditions. Je réalise que ma présence ici, fait partie de ce travail de réparation entre les peuples. Pour changer le regard réciproque. Je me sens soudain la représentante de bien plus que mes amis et mes ancêtres, je suis « les Français » dont je dois transformer l’image imprimée par l’histoire, celle de ceux qui les ont envahis, humiliés et détruits. Ma présence est un symbole fort qui transforme l’image et la relation aux « envahisseurs » afin de laisser le passé au passé, pour qu’aujourd’hui puisse se bâtir sur le respect mutuel, sur la curiosité réciproque, sur la réconciliation, sur l’échange, l’ouverture et l’enrichissement commun. Je suis là partageant leur tradition, traversant les mêmes épreuves qu’eux, en les respectant ainsi que leurs traditions et croyances. Je leur prouve qu’une femme Française est capable de le faire. Au travers de cette rencontre, de ces partages, nous nous réparons mutuellement. Dans cette prise de conscience, je ressens la portée de ce que je suis en train de vivre. Quelle merveille ! Quel honneur ! J’espère en être digne jusqu’au bout. Je suis convaincue que les femmes peuvent changer le monde, elles en ont le pouvoir et pas par la guerre, d’où ma désolation de voir de plus en plus de femmes soldats ! Notre rôle est autre, c’est celui des initiatrices de la paix. Les femmes le montrent à travers le monde. Quatrième porte : 28 pierres !! Je touche mes cheveux pour vérifier qu’ils ne fondent pas, qu’ils ne prennent pas feu. Je ne suis que flamme, mon corps n’existe plus, souffrance totale, Respire, respire… Hurlements de douleur de mes compagnons, pas un son ne sort de ma gorge, peut-être que tout a brûlé à l’intérieur ?… Chants, initiations… Fin ! Et la porte s’ouvre, de l’air, de l’air… Nous restons assis, le Gardien du Feu et son assistant Axel nous rejoignent. « Vous venez de vivre une re-naissance dans l’utérus de la Terre Mère, vous avez ressenti les souffrances que votre mère a ressenties pour vous donner la vie. La vie doit être respectée, vous en connaissez maintenant le prix de souffrance. Lorsque vous sortirez de ce lieu vous irez vers une nouvelle vie, une nouvelle étape. Cette sweat-lodge avait pour intention « la force mentale », celle dont vous aurez besoin chaque jour pour cette nouvelle vie . Vous avez partagé les souffrances, vous êtes tous frères. Et elle, (il me désigne) c’est une femme Française, mais elle est comme nous et elle travaille pour les même buts que nous. Elle est notre sœur maintenant. » Il se tourne vers moi « Tu as des frères, tu pourras faire appel à nous chaque fois que tu auras besoin » Je croyais qu’il ne restait pas d’eau dans mon corps, mais des larmes de reconnaissance et de joie coulent de mes yeux. Je suis totalement émue. Je les remercie et leur exprime toute ma gratitude de m’avoir acceptée parmi eux et permis de partager tout cela. Eux aussi pourront toujours compter sur moi. Un moment d’intensité totale. Réparation universelle accomplie dans la simplicité d’une rencontre fortuite. Un jeune demande au shaman s’il peut mettre sa plume d’aigle au rétroviseur dans sa voiture. « Cette plume représente ce que tu viens de vivre, cette étape de ta vie, c’est du spirituel. C’est universel. Ce que tu veux en faire c’est du culturel, afficher ta différence, ton identité. Cela crée les fossés, les incompréhensions et alimente le négatif » Superbes propos de tolérance du shaman, un très très grand bonhomme ! Comme quoi il n’est pas nécessaire de savoir compter pour transmettre la sagesse, le cœur suffit, pas besoin d’études pour dire les mots justes et sages… Il sort un calumet (comme dans les films !), le fourre de tabac, effectue un rituel, aspire la fumée et avec beaucoup de gravité me le passe, j’aspire une bouffée après avoir respecté le rituel d’offrande et le passe à mon voisin. Moment intense. Même Axel effectue ce rituel. Puis tous les hommes sortent, ils sont en ligne à la sortie de la hutte. Je sors à mon tour. Ils m’accueillent à tour de rôle dans une sincérité totale en me serrant dans leur bras et en m’embrassant, je pleure toujours… Chavirée ! La nuit était magnifique, le ciel étoilé, des centaines de lucioles vertes volaient partout, on dirait les petites fées « Clochette » de Peter Pan, une vraie nuit magique. La cérémonie a duré 5h. Dans quelques heures, ils vont avoir la cérémonie de remise de leur diplôme. « On nous remet nos diplômes tout à l’heure, nous serions heureux que tu sois avec nous à la cérémonie » me disent-ils Très touchée, honorée mais désolée, je suis obligée de décliner l’invitation car je rejoins Montréal pour reprendre l’avion. Tout a une fin… Le bel Yvon me propose de me raccompagner à l’hôtel, le Shaman taquin et autoritaire lui dit « Non ! c’est lui qui la ramène.. » en indiquant un autre homme. Dommage ! Ils sont tous dans mon cœur ! Ma plume d’aigle est toujours présente dans mon cabinet pour me les rappeler tous. Merci. J’ai pu prendre conscience de la force du mental, de la puissance des Aïeux, et de la chance que me donnait l’Univers de vivre de telles aventures avec de si belles rencontres… Depuis l’enfance, j’ai toujours été fascinée par les « indiens » à la télé, et là… je les ai rencontrés et dans quelles conditions ! Quel bonheur ! Quel honneur ! Encore une « re-naissance »… Fabuleux !
Refuse de tomber !
Et, si tu ne peux refuser de tomber, refuse de rester à terre. Si tu ne peux refuser de rester à terre, Elève ton cœur vers le ciel, et, tel un mendiant affamé, Demande à ce qu’il soit rempli, Et rempli il sera. On peut te faire toucher le sol, On peut t’empêcher de te relever, Mais personne ne peut t’empêcher d’élever ton cœur vers le ciel, Personne ! Sauf toi-même. C’est au plus noir du malheur que tout s’éclaire, Dire que de là, rien de bon n’est issu, est faire la sourde oreille. Clarissa Pinkola Estés Certains croient que le « chemin » est un long fleuve tranquille, qu’une fois que l’on a trouvé sa « voie » tout est fluide, se met en place et roule… Alors oui ! Il y a des phases où « ça roule ! » et tout à coup, allez savoir pourquoi, sans prévenir, tout dérape. Les anciens démons que l’on croyait avoir éliminé nous rattrapent, l’incompréhension, le doute, le découragement, l’envie de renoncer nous saisissent. Ce sont des moments où l’on sent que l’on a la possibilité de tout arrêter, de reprendre le train des moutons. Enfin un peu de facilité…la tentation peut être grande… Les Forces de l’Ombre sont toujours actives dans leur recrutement pour nous décourager. Il n’y a pas de place pour les motivations « tièdes », sans racines, et les fondations doivent être solides, bâties sur les pierres de nos traversées, même celle des déserts… Il semblerait que l’Univers, peut-être aussi quelque chose d’enfoui en nous par les habitudes que nous prenons, veuille parfois vérifier notre motivation, notre foi, dans ce que nous vivons, relancer une force au niveau de notre conscient qui commençait peut-être à se reposer sur ses acquis. Alors il faut traverser de nouvelles épreuves… Je crois avoir compris que c’est dans ces moments-là que se forge notre motivation réelle, que notre intention prend toute sa puissance. Mais qu’est ce que c’est dur parfois !!!
Rencontre avec… LE DOUTE Lettre à un « guerrier de la Lumière » - Stan Rougier - Prêtre … J'ai besoin de "parler" à quelqu'un. Je travaille en constellations familiales et accueille beaucoup de souffrances. Je crois profondément en ce que je fais, j'y mets tout mon coeur et toute ma passion . Je reçois beaucoup de jeunes en souffrance. La drogue, l'alcool font des ravages. Mais le pire de tout c'est la "démission" des parents. Ces jeunes viennent chercher auprès de moi de l'authenticité, du parler vrai. Je ne les ménage pas, les mets face à leurs responsabilités, j'entends et j'accueille leur souffrance, leur solitude. Ce qui me révolte, c'est qu'ils n'ont pas de rêves. C'est terrible ! Je leur demande toujours "Quel est ton rêve de vie ? Quelle légende personnelle aimerais- tu vivre ? Que veux tu faire de ta vie ?". Ils me regardent comme si j’arrivais d’une planète inconnue. « Rêves ? Légende personnelle ? Faire quelque chose de sa vie ? » mais de quoi me parle-t-elle ? » Ils n'ont pas d'espoirs, ne pensent que consommation, accumulation, sécurité, assurances. En réalité, ils ont faim de rêves, d'amour, d'espoir, de croire en la vie et notre société leur offre du coca, des fast-food, des spots télé pour les faire « rêver » de ce qu’ils ne possèdent pas, des émissions où la délation, la critique violente, la destruction morale de l’autre est une force et non une tare ! Je leur dis "Rêve et réalise ton rêve ! Donne toi les moyens !" Je vois ces gosses abîmés par les histoires d'adultes, portant la souffrance de leur mère, de leur père, se chargeant des injustices, des souffrances, des humiliations. Ils ont 20 ans et pas d'envies vraies, pas de rêves d'aventures, juste survivre et encore, beaucoup ont déjà fait des tentatives de suicide ! Quelle tristesse ! J'ai eu la semaine dernière Jennifer, 19 ans. Toute en arrogance, ses cheveux teints en noir dur contrastent avec la pâleur de son visage, des piercings de tous côtés, habillée de noir, dans une attitude de provocation totale. Elle est actuellement hospitalisée en psychiatrie car elle se scarifie. Elle a une autorisation de sortie de 2 h et sur proposition de sa tante qui l’accompagne, elle a acceptée de venir me voir. Mon Dieu ! Lorsque j'ai vu ses bras torturés aux lames de rasoirs, j'ai senti toute mon impuissance et mesuré toute sa souffrance !. Il m'a tout d'abord fallu casser l’arrogance et le système de provocations qu’elle utilise pour se protéger. Petit à petit j'ai pu attirer son attention, nous nous sommes trouvées dans une sorte de complicité . Derrière le masque, j'ai enfin vu apparaître le visage de l'enfant blessée. Je la voyais si fragile, si petite que je l'ai prise instinctivement dans mes bras, elle s'est mise à pleurer. Dans le travail qu’elle vient de réaliser, elle a de compris que pour ne pas hurler sa rage à ce père qu’elle aime et qui ne veut plus la voir depuis des années - il est occupé avec une autre femme qui n’aime pas cet enfant d’une autre vie - et donc pour ne pas le blesser en lui exprimant le ressentiment et la souffrance , c'est elle qu'elle blesse et abîme pour tenter en vain d’attirer son attention. Il n’a jamais réagi, la traitant juste de « barge ». "Ça vaut pas le coup de faire çà pour lui ! Il mérite même pas ça !" fini-t-elle par conclure lorsqu’elle a compris ce qu’elle avait mis en place comme système d’autodestruction. J’ai demandé à voir sa mère qui est venue aujourd'hui faire une séance. Quittée par le père de Jennifer, Elle s’est remariée à un homme alcoolique et violent qui a tenté de la tuer plusieurs fois. Jennifer a assisté à toutes ces violences atroces, appelant la police et les pompiers pour sauver sa mère, elle n’avait que 8 ans… ! Comment accepter autant de souffrances ? Je n’ai pas votre foi, votre croyance, j’ai beaucoup de mal et je perds la force et l’espoir. Vendredi soir, j'ai exceptionnellement regardé la TV. Habituellement, j’entends trop de choses difficiles la journée pour m'en rajouter avec les infos... Malheureusement j'ai regardé et j'ai vu : des jeunes de 12 à 20 ans qui ont brûlé des véhicules dans leur cité pour faire venir les pompiers. Pompiers qui ont été sauvagement agressés à la barre de fer dans ce guet-apens. Les pompiers ont toujours été un symbole fort de l’aide, du dévouement, du bénévolat, du courage ! Comment a-t-on pu en arriver là ? Où sont les parents ? J'ai ressenti un violent désespoir, j'ai perdu la foi en ce que je fais, je me suis sentie tellement inutile et seule. Ma contribution est tellement ridicule face à l'immensité, à ces jeunes perdus qui ne respectent plus rien, cela peut tourner à la tyrannie ! J’entends qu’ils n’ont pas d’espoirs, qu’ils sont en échec scolaire, sans emploi, mais est-ce que la souffrance donne tous ces droits-là ? Comment accompagner cela, le transformer ? Trop de violence, de non amour, trop de manipulation, plus d'espoirs, de la misère intellectuelle, culturelle, spirituelle… J'avais écrit le texte suivant pour souhaiter la bonne année, j'ai été obligée de me souvenir de son contenu pour remonter cette pente de négativité et de renoncement dans laquelle m'ont enfoncé ces images et commentaires. : « Lors de ma première escapade dans le désert de Dubaï, il était tombé quelques gouttes d’eau. Je n’avais jamais vu le désert et celui-ci n’était que tapis de verdure et de fleurs couvrant le sable. Emerveillée par la nouveauté, la beauté, et les paysages inconnus qui s’offraient à moi, je n’avais pas pris conscience du miracle de la rencontre de la goutte d’eau et de la graine. Quelques gouttes qui humidifient du sable, qui transmettent la Force de Vie et tout peut être : les fleurs s’ouvrent dans des lieux où il semblait qu’il ne puisse y avoir que la mort. Dans la nature, les graines attendent « la rencontre » durant des années, enfouies sous le sable, inertes, mais présentes. Même lorsque les forêts brûlent, que tout est détruit, qu’il semble ne rester que la terre brûlée, dès les premières gouttes de pluie, la Force de vie s’exprime et la nature, oubliant ses souffrances passées, dans l’instant présent, explose dans une renaissance, offrant la beauté, la joie, le renouveau. Tout peut être, même sur les terrains les plus dévastés ! Parfois, nous perdons l’espoir, l’envie de renoncer nous séduit. Nous nous sentons si insignifiant, si impuissant, si seul face à l’immensité, à ce qu’il y a à accomplir, à la souffrance, au monde…Aujourd’hui il est temps de prendre conscience que nous sommes « goutte d’eau » et « graine » et, que de cette rencontre magique en notre centre, émergent les plus beaux jardins. Ne négligeons pas notre puissance, nous avons en nous ces merveilleux cadeaux, utilisons-les. La nature nous donne les enseignements, appliquons les. Nous avons tous la faculté de faire fleurir les déserts du quotidien, de la négativité, de la résignation, de la solitude, du vide. Ne nous économisons pas ! » J'ai honte d'être descendue si bas ce WE, d'avoir eu envie de renoncer à ce point. J'ai repris le collier aujourd'hui mais il m'est encore difficile d'émerger. Je ne comprends pas ce monde que nous allons laisser aux générations futures. Comment faire émerger la conscience, l'Amour ? Est-ce juste réservé à quelques « guerriers de Lumière » comme vous ? Je ne vais quand même pas rentrer dans les ordres moi aussi pour mener ma tache à bien ! Est il encore possible d'y croire, d'inverser la tendance ? J'ai du mal à relever la tête par peur de me sentir à nouveau noyée par l'immensité de cette tache. Faut-il avancer tête basse pour continuer à espérer ? Rester uniquement sur le pas présent et le pas à venir ? Je me sens blessée lorsque la terre est blessée, je me sens partie intégrante de l'Univers et dans l'incompréhension complète du massacre de ce qui nous a été offert, et de l'injustice. J'avais besoin d'exprimer cette nouvelle révolte, j'espère ne pas vous avoir trop ennuyé. Merci d'avoir croisé ma route Amicalement Brigitte Je n’ai pas reçu de réponse, simplement un mot me demandant d’utiliser mes propos. C’est bien ainsi, car c’est à moi de trouver mes ressources, mais cela fait du bien de s’exprime vers quelqu’un … Rencontre avec… LE DECOURAGEMENT…
Je croise, ressens, vois, entends beaucoup de choses horribles, d’injustices. J’entre parfois dans des révoltes profondes me laissant dépasser par ma nature impulsive. L’expérience et l’âge aidant, je me suis un peu calmée…En fait non, mes révoltes me mènent toujours mais différemment. Toutes mes aventures m’ont patiemment appris à ne plus aller «contre » les systèmes et il y avait un sacré boulot !!! Je ne m’aplatis pas non plus, je n’ai pas renoncé, j’ai changé mon mode de « combat », justement, je ne suis plus en « combat », mais comme un vers dans le fruit des certitudes, je sème le doute. J’ai déposé mon naturel « Don Quichotte. » et disperse plus mes forces contre les moulins à vent (enfin çà m’arrive encore mais plus rarement !). J’ai choisi l’efficacité. Comme me l’a enseignée la petite chatte Chourgui, - Et si les anges se déguisaient - j’ai réalisé que ce que je suis, la force et les convictions qui sont en moi, que je dégage, sont suffisantes pour amener l’Autre dans un espace ouvert où nous pourrons avoir chacun nos pensées sans nous affronter et si cela n’est pas possible, je ne lutte pas. J’ai pris conscience de la puissance de mon pouvoir personnel, mais j’en connais les limites et les impacts, je tente de continuer à l’amplifier, l’élargir et l’utiliser à bons escient. M’attaquer à des causes qui le dépasse est toujours sanctionné par un profond ressenti d’impuissance qui me déconnecte de lui me projetant profond dans le doute et le découragement et me rendant totalement inutile. Alors je reste en toute humilité une simple fourmi travailleuse et efficace qui apporte sa contribution à l’organisation de la grande fourmilière qu’est la Vie …
Lors d’un de ces moments forts de découragement, j’ai écrit à ceux qui gentiment m’inondaient ,par mails, « d’informations pour réagir »… ***** Lettre à tous ceux qui m’envoient des mails… Bonjour à tous, Il y a quelques temps de cela, j'ai reçu, par mail, de plusieurs personnes, des photos atroces d'un enfant iranien de 8 ans condamné, en accord avec les pratiques de la loi islamique, coranique, à avoir le bras écrasé par une roue de camion car il avait volé pour se nourrir... Sur le fichier, il y avait juste le titre : "révoltant"... j'ignorais totalement le contenu. En ouvrant ce fichier, je suis restée figée, paralysée, le souffle coupé, quelque chose s'est cassé à l'intérieur de moi. Bien entendu, j'ai mesuré toute l'horreur de cette situation. Mais je la connaissais ! On nous abreuve suffisamment à la télévision, dans les journaux à sensations de ce genre d'images chocs, mais je n'ai pas compris que ces images soient diffusées, par vous, sans en mesurer l'impact négatif. Le système que nous alimentons sous couvert de "prise de conscience", "d’ouvrir les yeux sur la réalité", de faire avancer le monde vers plus de « spiritualité » pour éviter les atrocités… est encore plus terrible que ces images, car il est pervers. J’en ai pris conscience. Nota : j’ai appris par la suite que ces photos n’étaient qu’un montage réalisé dans le but d’exacerber les réactions islamophobes… Prudence avec Internet, le pire et le meilleur s’y côtoient… Je suis consciente de la réalité, de la cruauté, de la bêtise humaine, devrais-je dire "inhumaine"... Je n'ai pas besoin de telles images pour condamner l'intégrisme sous toutes ses formes. Je n'ai pas besoin de cela pour prendre conscience de l'inhumanité vers laquelle est entraîné notre monde, mais je me refuse à alimenter ce système là ! Tout ce que cela a eu comme impact, c'est de me décourager quelques jours, de me faire toucher au plus profond mon sentiment d'impuissance. Je me suis sentie si inutile, si futile, juste envie d'entrer dans une grotte et de ne plus bouger pour ne plus voir, ne plus savoir... Excessif ? Peut-être ! Mais je me suis rendue compte que j'étais entrée dans le système négatif insidieusement proposé. Que ce système, sous couvert de "ouvrons les yeux" ne pouvait qu'entraîner vers le bas, vers l'inertie, le découragement, l'impuissance, l'envie de renoncer... Que cela m'avait paralysée au point de me dire "A quoi bon ?!" tout ce que je mets en oeuvre pour accompagner les personnes m'a semblé si insignifiant, si dérisoire, l'inutilité d'une goutte d'eau dans l'océan, un tel sentiment de solitude, d'isolement, noyée dans la masse, emportée par les flots... Une goutte d'eau !...J'ai oublié l'océan et je me suis enfin souvenue de mon expérience dans le désert de cette même goutte d'eau qui a suffit à le faire fleurir, ce désert...Je me suis souvenue que la goutte d’eau ne désespère pas, que la graine ne désespère pas, que la terre patiemment attend que les conditions soient remplies pour redonner la force à la graine, et donc qu’elle non plus n’a pas désespéré ! Alors j'ai pu changer mon regard et reprendre mon quotidien, retrouver ma foi dans l'humanité, dans la beauté, dans la bonté de notre monde. J'ai repris ma modeste place et me suis sentie à nouveau faisant partie de tout cela et tentant chaque jour de contribuer, à mon petit niveau, à un monde meilleur. Une simple petite bougie dans l’obscurité c’est quand même une lumière qui empêche le noir total !...Et il y a pleins d’autres bougies, partout, y compris dans les générations à venir. Je souhaite simplement que nous, adultes, soi-disant ouverts, conscients, dans la « spiritualité », bla bla bla... et tutti quanti... ne prenions pas le risque de souffler sur de telles lumières. Laissons à nos enfants l'espoir de construire un monde meilleur et d’être à leur tour ces petits photophores qui éclaireront demain. Mais donnons leur l’exemple du discernement, du non jugement, nous avons tous le pouvoir de contribuer au changement, alors ne cassons pas le peu de rêves qu’ils sont capables de faire en leur montrant un monde pourri qui ne donne pas envie de vivre, ils se détruisent bien assez comme cela ! Cela ne change pas le monde mais souffle sur quelques bougies dont nous avons grand besoin ! Merci de tout cœur pour votre compréhension Amicalement,
« On se demande parfois si la vie a un sens, et puis on rencontre des êtres qui donnent un sens à la vie » (Brassaï)
Ce qu’il y a de fascinant sur ce « chemin vers soi », c’est la multitude des rencontres qui nous apportent toutes un enseignement, une ressource, un « modèle », une confirmation, un encouragement au moment où nous n’avions plus la force d’avancer et où le découragement et la solitude nous amenaient à souhaiter renoncer. On souhaite toujours rencontrer des « Maîtres », des guides qui nous transmettrons LA connaissance, celle qui fera de nous « quelqu’un de bien, quelqu’un qui sait »… Si nous sommes vers cette recherche-là, nous risquons de passer à côté de l’essentiel, des « maîtres » merveilleux de simplicité, de dévouement, d’amour… Des « Maîtres » qui donnent envie d’être et qui font s’interroger sur le sens d’une « vie réussie »…
Rencontre avec…
De belles femmes …
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