fond

      

Photo : Nick Brandt

    " De mon Ciel à ta Terre " 

- partie 3 -

 

"La drogue ou 

comment neutraliser les LIONS  …" 

  

Une version "papier" de la totalité du document est disponible avec participation.

Merci de me contacter

Ne pas reproduire sans autorisation


Wink Un clic sur le titre de votre choix vous emmènera au chapitre désiré ou bien, utilisez le curseur  - Bonne promenade !

A la découverte du fléau 
Compréhensions en constellations
Juste un peu...
La sortie ?
Le corps sait
Histoires qui (r)éveillent...
* La tradition des plantes sacrées
* L'âme des plantes
* Star Wars
* Des brèches dans le mur
* Choisir 
Plus d'infos sur les brèches
Conseils
Message aux jeunes
OUF !!!
Issue de secours ?
 

 

Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur .

Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite .

C’est notre propre lumière et non pas notre propre obscurité qui nous effraie le plus .

Nous nous posons la question : « Qui suis-je , moi , pour être brillant , radieux , talentueux et merveilleux ? »

En fait , qui êtes-vous pour ne pas l’être ?

Vous êtes un enfant de  Dieu . Vous restreindre , vivre petit ne rend pas service au monde.

L’illumination n’est pas de vous rétrécir pour éviter d’insécuriser les autres .

Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous .

Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus : elle est en chacun de nous , et au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière , nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même

En nous libérant de notre propre peur , notre présence libère automatiquement les autres .

 Marianne Williamson

Texte lu par Nelson Mandela ,lors de son intronisation à la présidence de la République d’Afrique du Sud , 1994

Quelle est cette société qui accepte de voir se perdre ses enfants ?

Quels moutons sommes-nous en train de fabriquer ? Où sont les lions que nous voulions amener vers un destin flamboyant, vers une liberté plus importante que la nôtre, comme nos ancêtres l’ont souhaité et fait pour nous ?

Notre passivité, notre lâcheté les entraînent à leur perte ! Quelle société, quelle terre leur laissons nous ?

Quelles sont les valeurs qui vont structurer leurs actes, leur futur ? Celles imposées par des émissions de reality-show où la délation, la critique, l’exclusion, le jugement sont les bases pour s’en sortir, pour gagner facilement beaucoup d’argent et la gloire éphémère, mais à quel prix ?

Mais jusqu’où allons nous aller ???

Jusqu'à quand allons-nous accepter tout cela sans réagir ?

Pendant ce temps, l’un des pires fléaux de notre époque n’attend pas, il agit, se propage, détruit…

Son nom : la drogue !

 La révolte me saisit toujours sur ce sujet, l’un de ceux qui me font le plus toucher mon sentiment d’impuissance.


 

A la découverte du fléau…

 

Ma maison a toujours été ouverte et des soirées grillades me permettaient d’être en contact avec les amis de mon fils aîné. Il avait 17/18 ans à ce moment là.

J’avais la chance de pouvoir dialoguer avec eux et ils s’exprimaient très librement devant moi. J’étais surprise de la légèreté avec laquelle ils considéraient l’alcool et le fait de fumer du cannabis, du shit.

Ma naïveté et mes craintes par rapport à la drogue les faisaient rire. Ils banalisaient tout cela. Il est vrai que je n’avais aucune compétence ou connaissance sur le sujet pour m’exprimer.

« Mais tout le monde fait ça ! Ce n’est pas un petit pétard de temps en temps qui peut nuire, au contraire ça détend !… ». me disaient-ils.

Mon fils aîné, Kévin, suivait ses études dans un lycée agricole car il voulait s’orienter vers la biologie. J’ai découvert avec joie qu’il s’intéressait à la nature, aux plantes. Très heureuse qu’enfin mes tentatives portent leurs fruits, je l’ai vu se passionner pour 6 petits pots noirs qu’il entretenait avec beaucoup de soins.

J’ai toujours voulu sensibiliser mes enfants à la nature, au jardin potager, aux plantes médicinales…

Je n’ai pas posé de questions sur les graines, j’ai sincèrement cru à une expérience où il recherchait les meilleures conditions de pousse. Il faisait différents essais, de lieux, d’ensoleillement, de fréquences d’arrosage…Les pousses ont commencé à émerger, de multiples feuilles découpées que je ne connaissais pas.

J’ai enfin demandé de quoi il s’agissait ne reconnaissant pas cette plante.

Très naturellement il m’a répondu que c’était des plans de cannabis, ils étaient plusieurs copains à faire pousser des graines qu’ils avaient achetées et faisait un concours pour voir lequel d’entre eux aurait les plus beaux résultats….

Pour votre info, et il faudra m’expliquer : il est tout à fait légal d’acheter des graines, et par Internet rien de plus simple, mais illégal de les faire pousser !!!

J’ai trouvé cette plante très jolie et je ne voyais pas de mal à en observer la pousse. Curieuse de nature, je souhaitais également en voir la floraison, j’ai donc autorisé le repiquage des plants dans le jardin.

Dans la même période, j’ai pu observer des transformations chez Kévin, il n’était plus le même, enfin quelque chose de vague, qui me mettait mal à l’aise sans que je puisse formuler clairement ce qui changeait.

Je n’avais pas idée de ce qui pouvait générer cela. Je l’ai d’abord mis sur le compte des inévitables perturbations qu’entraînent un divorce, le mal être de l’adolescence…Mais j’ai senti qu’il y avait autre chose.

C’était dans les yeux, il y avait quelque chose que je ne connaissais pas. Le comportement aussi changeait « Tous des cons ! Je veux arrêter l’école, ça sert à rien !… ».

Bref les classiques de l’adolescence (enfin je le supposais…), mais vraiment c’était dans les yeux, comme un filtre, comme quelque chose qui mettait une barrière, je ne voyais plus cette lumière qui brillait, ce pétillement de malice toujours prêt à rire, quelque chose s’était éteint. Son caractère avait changé, il n’avait plus la même légèreté, beaucoup de négatif.

Je culpabilisais, me sentant responsable de ce que nous avions à vivre, des difficultés rencontrées. J’avais choisi de divorcer 2 ans auparavant, et la même année quitté mon emploi stable et sécurisant pour embrasser cette nouvelle voie que je pratique depuis. J’avais le sentiment d’avoir entraîné mes fils dans une aventure trop difficile pour moi, et pour eux par ricochet. Je m’en voulais terriblement.

Nous avons toujours eu un dialogue ouvert et franc, je lui ai décrit tous les changements que je percevais, tant physiques que dans le comportement. Et j’ai enfin posé la question qui avait fini par m’obséder : « Tu prends de la drogue ? »

-       Mais non ! j’ai juste fumé du shit ! 

-       Mais c’est quoi exactement le shit ? C’est pas de la drogue ?

-       Mais non, c’est juste du cannabis, une plante !.

-       la plante que tu fais pousser ? 

-       Oui, mais j’ai pas pris de mes plantes, elles sont pas assez grandes.

-       Mais tu te rends compte des changements que cela génère sur toi ?

-       Mais non, tu te fais peur toute seule, tout le monde fume, ça détend, ça fait du bien !

J’étais sans arguments, je me sentais bête. Peut-être m’inquiétais-je pour rien ? Il me fallait évoluer avec mon temps. Ces belles plantes qui poussaient dans mon jardin semblaient bien inoffensives, et puis cela allait lui passer, c’était certainement l’expression de son mal-être, enfin toutes les bonnes excuses que l’on se trouve lorsque l’on sent l’angoisse et la culpabilité nous saisir à la gorge…

Une chance, le soir même, il y avait une émission sur la drogue sur M6. Toutes les transformations de comportement générées par la consommation de drogues dites douces étaient décrites dans les reportages.

Nous avions regardé ensembles cette émission. J’étais sidérée : tous les symptômes que j’avais identifiés sur mon fils étaient décrits comme conséquences de la consommation de cannabis. Moi qui ne connaissais absolument rien au sujet, je lui avais décrit exactement tout les changements que génère cette consommation, et qu’il manifestait…

Kévin a vraiment été interpellé par cette coïncidence mais également par le fait de l’interdiction de cultiver ces plantes et les risques encourus : une grosse amende que j’aurais été incapable de payer.

J’ai immédiatement demandé le « déménagement » des plantes. Nous en avons conservé une, dissimulée au milieu d’un massif, pour finir notre observation. Je n’ai pas eu le temps d’en voir la floraison, un matin elle avait disparue : un « connaisseur » qui avait l’œil, très certainement….

Après cette conversation, Kévin a immédiatement et volontairement cessé toute consommation et j’ai retrouvé la lumière dans ses yeux au bout de quelques semaines.

J’ai mesuré l’importance de la communication et de la confiance mutuelle que nous avions instaurées avant cela. Je suis intimement persuadée que si cette relation, cette confiance, cette communication n’avaient pas été, il aurait lui aussi été « happé » par le système.

Puis nous avons déménagé de la région Bordelaise vers le Pays Basque, laissant sur place Mimi, l’une de mes meilleures amies.

Nos fils Kévin et Florient. se côtoyaient depuis la maternelle, puis elle a été la nounou de mon 2ème fils, sa deuxième maman. Nous étions et sommes toujours très proches.

Son benjamin, Florient avait du mal à trouver sa voie, quelques problèmes de discipline à l’école.

Son père, policier de son état, est un homme bon et généreux, mais sans autorité. Un papa copain, blagueur, attitude qui lui permettait d’oublier les horreurs rencontrées dans l’exercice de sa profession et les angoisses que cela générait chez lui, pour ses propres enfants.

Après mon départ, nous avions continué à nous voir tous les mois car je loge chez eux lorsque j’anime des ateliers sur Bordeaux, et nous nous téléphonions toutes les semaines.

Malgré cela, notre éloignement a été difficile, nous avions l’habitude de partager amitié et loisirs au quotidien.

Je la sentais en dépression, je lui avais conseillé de voir un ami médecin acupuncteur. Elle n’avait suivi aucun de mes conseils.

Je la sentais de plus en plus mal depuis plusieurs mois sans obtenir autre chose que « c’est parfois difficile maintenant qu’on se voit moins, j’ai plus personne avec qui partager comme quand tu étais là, c’est pas pareil par téléphone. Florient a des difficultés à l’école, je m’inquiète et ne sais pas quoi faire »

A chaque visite, je constatais des changements dans les comportements de Florient, quelque chose n’allait pas. Ses résultats scolaires n’étaient pas bons, il avait une attitude très déplaisante, agressive, arrogante, et en même temps je ne pouvais m’empêcher de toujours voir en lui ce gamin que j’avais connu petit.

Je me disais également que cela ne me regardait pas.

Nous ne parlions jamais de son attitude car je sentais que Mimi était en fragilité sur ce sujet. Je me sentais très mal à l’aise. Si cela avait été mon fils, je pense que je l’aurais très mal vécu également…

Je m’en suis ouverte un jour à mon fils, Kévin : « il y a quelque chose qui ne va vraiment pas avec Florient., je me demande s’il ne se drogue pas… »

Mon fils gêné me dit « T’en parles surtout pas à Mimi, elle en serait malade mais il fume du shit et depuis longtemps maintenant c’est plusieurs pétards tous les jours  » Lourd secret.

Confirmation de mes ressentis. Impuissance totale. Peur de perdre l’amitié de Mimi, de la blesser…

Je ne savais pas comment aborder ce délicat sujet. Je ne voulais pas mettre mon fils en porte-à-faux, trahir sa confiance, mais pouvais-je rester sans rien dire à ma meilleure amie ?

J’ai longuement réfléchi que s’il s’agissait de mon fils, j’aurais de la reconnaissance si l’on me montrait ce que je ne voyais pas. J’ai décidé de lui parler.

J’ai abordé le sujet au téléphone, très abruptement, je ne savais pas si j’allais réussir à maîtriser mon émotion, je la sentais très mal à l’autre bout du fil

« Mimi, faut qu’on parle ! Je viens d’apprendre par Kévin que Florient se drogue »

Silence total…Puis sanglots.

« Je sais ! Nous avons été convoqués au lycée il y a plus d’un mois de cela, il était complètement shooté lorsqu’il venait en cours, ils menacent de le renvoyer »

« Tu m’as rien dit depuis 1 mois ? »

« j’y arrivais pas ! J’avais honte, je me sentais tellement perdue »

« Et ton mari, il en dit quoi ? »

« Je sais pas ! Nous n’en parlons pas. Il a eu une discussion avec Florient, je ne sais pas ce qu’il lui a dit !  Mais Florient a promis d’arrêter depuis qu’on est allé voir le directeur de l’école, tout va s’arranger !»

« Je suis chez toi demain soir, on en parle toutes les 2 »

Je raconte la discussion à mon fils qui me dit « Je te garantis qu’il n’a rien arrêté du tout. C’est ce qu’il raconte à ses parents pour les tranquilliser. Il peut plus s’arrêter, c’est plus fort que lui, il me l’a dit !»

Le lendemain, Mimi et moi avons parlé, pleuré ensemble. Je voyais son désespoir, je partageais son impuissance et sa souffrance..

« Tu as parlé avec Florient. ? »

« Non ! je peux pas, je sais pas comment faire ! »

« Pourquoi tu ne m’as rien dit avant ? »

« Honte !!!! j’avais trop honte, je ne comprends pas ce qu’on a fait ou pas fait pour qu’il en arrive là ! »

« Mais l’argent ? Il faut bien qu’il ait de l’argent pour acheter çà ! »

« Il a reçu de l’argent à Noël, pour son anniversaire et on lui donne de l’argent de poche, il a utilisé tout cela, mais maintenant je pense qu’il a compris »

« je ne crois pas ! Il fume toujours, j’ai eu confirmation par Kévin, il n’arrive pas à arrêter tout seul.»

Nous avons beaucoup pleuré ce soir là, ça n’apporte pas de solution mais ça soulage ! Lorsqu’un enfant est en danger, toutes les mères sont concernées. Je me sentais tellement impuissante, je ne savais pas comment aider mon amie, je ne voyais aucun moyen pour lui apporter un soulagement.

« Viens demain à l’atelier en groupe, cela te fera du bien, on regardera si on peut trouver une solution ».

J’ai passé la nuit dans mon impuissance, à pester contre mon manque de savoir. Pouvoir accompagner tant de personnes à traverser des souffrances et être incapable d’aider ceux que j’aime, qui me sont les plus proches…

Le lendemain, un groupe d’une douzaine de personnes. H., l’ami médecin que j’avais conseillé à MF quelques mois auparavant, participe à la journée, j’ignorais qu’il serait présent, et cela m’a mis du baume au cœur, j’y ai vu un signe encourageant.

Je propose à Mimi de venir s’asseoir à côté de moi pour effectuer un travail. Elle accepte.

L’angoisse me tient le ventre. Je m’en remet au « field of wisdom », ce « champ de sagesse » énergétique qui dirige le travail de constellation. J’oublie mon amie, je suis centrée pour être présente.

Personne, à part moi, ne connaît le sujet qui la préoccupe. Je ne l’interroge pas, lui demandant juste de prendre quelqu’un qui va la représenter.

La femme choisie ressent et exprime immédiatement les sentiments et émotions que traverse Mimi. La représentante est en larme. Elle exprime angoisse, impuissance tout comme Mimi. Je reste centrée sur le travail.

Grâce à ces informations, je sais que je suis autorisée à travailler, alors j’oublie tout et me concentre sur la solution. Il me faut trouver des ressources : la femme avoue un sentiment d’impuissance, de honte, de danger, des peurs terribles qui la prennent au ventre… je dois trouver des ressources !

Je fais lever le médecin, personne ne sait qui il est, et le positionne face à la représentante de Mimi. Immédiatement la femme ressent un soulagement que nous percevons tous, une vraie respiration.

« J’ai le sentiment qu’il peut m’aider, je me sens plus solide, moins seule, comme si je pouvais affronter » exprime-t-elle spontanément.

Me tournant vers mon amie : « tu vois Mimi, il y a une porte dans la forteresse, il y a un espoir, quelque chose peut changer, viens prendre ta place dans la constellation ! »

Elle prend la place de sa représentante, face au médecin.

Elle regarde le sol, honteuse, gênée.

Je durcis le ton, avec autorité, je sais que le moment est important, il ne faut pas échouer, c’est maintenant !

J’ordonne « Regarde le ! »

« Je peux pas ! »

« Regarde le en face ! »

Enfin elle lève la tête.

« Dis lui :  H., j’ai besoin d’aide ! » Je crois que si elle avait eu la possibilité d’avoir une extinction de voix instantanée, elle aurait saisi cette opportunité…

Je répète durement « H. ! J’ai besoin d’aide ! » martelant mes mots.

J’entends un marmonnement .. « On n’a rien compris ! Plus fort ! »

Je ne sais pas où je trouve la force pour lui imposer cette épreuve. Mon cœur n’est que douleur pour ce que je fais vivre à mon amie. Je sens que je suis dans le juste, au service de l’énergie qui me guide mais c’est si douloureux !

Enfin, après une respiration, remplie de colère et de défi, elle plante son regard dans celui d’H. et lui dit enfin : « H. ! J’ai besoin d’aide s’il te plaît »

Il lui répond avec un amour total « Je suis là ». La force tranquille qu’il dégage, apporte immédiatement confiance et apaise Mimi. Elle pleure.

Soulagement dans tout le groupe, nous respirons à nouveau.

Elle l’a dit ! Je sais que je n’ai pas encore fini, et que le plus dur reste à venir.

« Dis lui pourquoi tu as besoin d’aide »

Elle sanglote. J’ai mal pour elle, je ne peux pas faire autrement, il faut aller au bout.

Toujours aussi dure je la bouscule martelant un « Dis lui POURQUOI tu as besoin d’aide !!! »

Incapable de réfléchir, de s’échapper, acculée dans tous ses retranchements face au groupe, piquée au vif par mon ton autoritaire, toujours dans le défi, dans une colère attisée par mes propos, mon attitude, les yeux plantés dans ceux d’H. elle prononce enfin les mots qu’elle a refusé de dire, ceux qui vont tout mettre en Lumière, ceux qui libèrent...

« Mon fils se drogue ! »

Ce que nous avons ressenti à ce moment là est indescriptible. Une douceur s’est mise à circuler, un soulagement total, une paix. J’admire son courage.

« Tout a été vu et entendu, cela ne peut plus faire son œuvre dans l’ombre et la solitude. H., dis lui quel est ton métier »

« Je suis médecin et je peux t’aider »

« Peux tu aider aussi mon fils ? »

« Lorsqu’il sera prêt : oui ! Mais toi d’abord !»

Je tremble, les larmes montent, je décompresse.

Je prends Mimi par le cou et l’a présente à chacun des participants.

Ils sont tous en larmes, avec tant de bienveillance dans le regard, ce regard de « l’autre » qui terrorisait Mimi, qui avait si peur d’y lire le jugement de « mauvaise mère » à son encontre.

« Je te présente Mimi, femme digne et courageuse : son fils se drogue »

Chacun lui dit, à ma demande, en la regardant dans les yeux, avec la sincérité et l’élan du cœur que donne le pas qui suit un sentiment d’impuissance fort :

« Tu es une belle femme Mimi, j’ai vu et entendu ta peine »

L’émotion est forte, chacun la prend dans ses bras, la serre, dans une tendresse totale.

Elle se remplit, se redresse, elle ressent qu’il n’y a pas le moindre jugement, elle se sent digne, sortant enfin de la culpabilité.

Plusieurs ont éclaté en sanglots en la prenant dans leurs bras « Merci pour ce que tu nous as montrés, moi aussi mon fils se drogue et je n’ai pas su, pas pu demander de l’aide, j’avais tellement honte, c’est si difficile à vivre, à reconnaître, tu viens de me montrer que je peux l’aider et comment»

J’ai réalisé à quel point pour des parents, le sujet est tabou, honteux, générant culpabilités, solitude et souffrances. Mimi retrouve son sourire et nous comprenons tous que nous venons de traverser ensembles quelque chose d’important.

Nous venons de faire le 1er pas. Tout n’est pas résolu mais nous avons senti qu’il y avait des solutions, même si elles n’étaient pas évidentes au départ.

J’ai moi aussi retrouvé l’espoir. Mon cœur est rempli de gratitude, pas un cheveu de ma tête ne pensait que nous trouverions une voie vers cette libération.

Le lendemain, Mimi me téléphone et me dit « J’ai une nouvelle force en moi, je sens que je vais enfin pouvoir parler avec Florient.. Je me sens remplie du regard et de tout ce que le groupe m’a donnée hier, je n’ai plus peur, je ne me sens plus coupable, je dois juste l’aider mais surtout on va parler ! »

Il y a une vraie détermination dans sa voix, une force nouvelle. J’ai confiance. Je pleure de soulagement.

Elle est allée voir le docteur H, ce médecin hors normes, comme elle s’y était engagée. Elle est remontée très rapidement dans son énergie.

Elle a ensuite pu parler avec Florient, regarder le problème en face et lui expliquer ce qu’elle avait vécu dans le groupe.

Elle lui a dit combien elle était désolée de n’avoir pas voulu voir le problème par peur, impuissance et culpabilité mais qu’aujourd’hui il pouvait compter sur elle, et que s’il voulait s’en sortir, elle avait la force de faire ce chemin avec lui.

Florient a beaucoup pleuré. C’est une famille où il y a beaucoup d’amour et des liens forts.

Il lui a dit qu’il se sentait prisonnier, qu’il n’arrivait plus à se passer de cette drogue car cela lui enlevait les angoisses dont il ne connaissait pas l’origine et qu’il avait tellement honte vis à vis d’eux, ses parents et surtout que le sentiment de les trahir le torturait en permanence.

Elle lui a proposé mon aide. Il m’a appelée. L’atelier du mois suivant nous avons travaillé pour lui, avec lui.

Il n’avait jamais effectué le moindre travail, encore moins en groupe. Il a eu un courage formidable.

3 semaines plus tard…


Compréhensions :
 
La « constellation » de Florient.

 

Le groupe est important, une vingtaine de personnes. Le hasard une fois de plus, un médecin psychiatre est présent, je me sens un peu intimidée par sa présence.

Mimi et son fils Florient sont là. Personne ne sait qu’ils sont mère et fils.

Je décide de commencer la journée par lui. afin de ne pas le stresser par l’attente, il a juste 19 ans, du courage et de la détermination. Je mesure la force de l’Amour, celle qu’il puise dans l’accompagnement de sa mère.

J’ai un immense poids en moi. Peur, peur de ne pas y arriver, peur de ne pas trouver… Puis tout disparaît, il n’y a plus que ce gamin et moi. Je ne le connais plus, je suis totalement centrée, j’oublie qui il est.

Il pleure, j’en ai conscience, mais plus rien ne me touche. J’ai la main sur lui, je ne le lâcherai à aucun moment. Tout peut être maintenant. Et le travail commence…

Pour ne pas influencer rien n’est dit. Je demande à Florient de prendre une personne qui le représente et une autre personne qui représente le problème sur lequel je suis autorisée à travailler. Dans mon intention, le problème est, bien entendu, la drogue.

Il choisit le psychiatre pour représenter le « problème ».

Le représentant de Florient exprime rapidement tout son mal être, sa peur, sa fascination et son attirance vers « le problème ».

Le « problème » est très vite arrogant, provocateur, puissant. Il exprime tout son pouvoir, sa détermination, sa force.

 « Tu n’y arriveras pas ! me dit il, tout ça c’est des conneries ! Viens te mesurer à moi !». Il me provoque verbalement dans des termes très crus.

Je me sens mal à l’aise, le « problème » me défie personnellement. Je me sens totalement déstabilisée .

Qui parle ? Le psychiatre qui a peut-être compris ce qu’il représentait et qui du coup, analyse la situation de son point de vue professionnel ou le représentant sincère du « problème » ?

Je sens le doute me saisir car j’ai le respect de son statut de psychiatre expérimenté, je me sens « touriste » par rapport au « savoir » de cet homme de métier, en position inférieure...

Je reçois un signal de danger dans mon corps, je réalise que je ne suis plus centrée.

J’ai l’habitude de démarrer au quart de tour lorsque l’on me défie, c’est mon côté rebelle, c’est en même temps une de mes forces, mais également une de mes faiblesses qui peut m’ôter tout discernement car je fonce…

Je me sens gonfler comme un paon, prête à relever le défi mais le sentiment de danger que je ne peux expliquer ne me quitte pas, quelque chose en moi me dit « prudence, il cherche à capter toute ton attention, tu n’es plus avec Florient. Il ne fait que représenter le problème et le gamin en est prisonnier. C’est avec Florient que tu dois rester, n’entre pas dans le système qu’il te propose, c’est un piège  ».

Alors j’écoute cette voix de la sagesse, laissant mon naturel « rebelle » au vestiaire, je me détourne du « problème », ne répondant plus ni à ses provocations, ni à ses sarcasmes. Mon esprit est à nouveau totalement centré sur Florient.

Il me faut aller voir l’origine des blessures qui ont ouvert la brèche, qui ont donné le pouvoir à la drogue.

Je positionne la famille : père et mère par des représentants.

Nous constatons qu’il faut travailler du côté du père. Toute une dynamique sur 3 générations apparaît. Une arrière grand-mère a quitté le domicile conjugal abandonnant son fils (le grand-père de Florient). Elle n’a plus jamais été revue. Petit à petit, nous remontons et réparons les générations.

Le représentant de Florient s’apaise.

Le « problème » entre dans une colère noire  « Putain ! ce n’est pas le combat que je t’ai proposé ! » me lance-t-il. Sa colère me remplit de force, d’énergie. Je sens sa puissance décroître. Je réalise ainsi que j’ai choisi la bonne voie. J’ai ignoré la proposition de la « drogue », j’ai réprimé mon penchant naturel à en découdre contre elle, et suis restée centrée sur le représentant de Florient.

« Je ne t’ai jamais dit que j’acceptais ton combat, je ne me bats pas contre toi mais pour Florient ! »

La joie est en moi. Je sens que c’est la juste voie…Je fais entrer Florient face aux représentants de sa famille et face à « la drogue ». Il pleure mais intègre la présence de sa famille. A moment donné, la constellation butte sur une résistance : une personne de la famille reste dans le ressentiment, bloquant la circulation énergétique qui était en place.

Immédiatement le « problème » reprend ses sarcasmes, tentant de me faire douter, il retrouve une forme de puissance se nourrissant des sentiments négatifs de la personne..

J’ai COMPRIS !!!! Mon cerveau devient totalement lucide, je viens de prendre conscience des mécanismes en place. Une forme de joie me gagne, je sais que je vais aller au bout, nous allons traverser !!! Les enseignements de la petite chatte Chourguina me reviennent à l’esprit, ils me sont d’une grande utilité. Je ne suis pas entrée dans les propositions de combat des « forces de l’ombre », j’ai refusé d’alimenter leur système.

Je trouve une solution et les mots pour apaiser le représentant « récalcitrant », et tout se remet à circuler. Florient se redresse, il ne pleure plus, il se remplit, il exprime son apaisement.

Je demande à Mimi assise en « spectateur », de venir remplacer sa représentante et de prendre sa véritable place afin d’apporter son soutien à son fils. Elle serre Florient dans ses bras, qui maintenant n’est qu’émotion et soulagement.

L’Amour circule partout. Nous avons traversé !!!

Je me retourne vers le « problème », il n’a plus aucune force, il me regarde en souriant et dit « je n’ai plus d’existence, je ne sens plus rien ». Je réalise que cette fois, c’est bien l’homme qui parle.

Nous venons de comprendre comment fonctionnent les forces de l’Ombre, de la drogue. Merveilleux ! Quelle leçon !

Florient rayonne, exprime toute sa gratitude à tous les participants et remercie surtout sa mère en lui disant à quel point il l’aime et la souffrance qu’il a eu de la blesser par son attitude.

Nous sommes tous émus et très secoués.

Le visage de Florient a changé. Il informe les participants que le « problème » était en réalité la drogue car personne ne savait. Chacun l’assure de son soutien, de sa bienveillance, l’encourage.

Le psy me serre dans ses bras  « je viens de prendre une sacré leçon en comprenant comment fonctionne l’énergie de la drogue » me dit-il.

C’était bien le « problème de la drogue » qui avait cherché à me déstabiliser et non pas l’homme ou le professionnel. Quel homme formidable, d’humilité et d’ouverture !

Nous sommes tous 2 en joie de notre découverte et de ce rude apprentissage.

Florient s’est ensuite fait aidé par 2 séances d’acupuncture avec le Dr H. en complément de la séance. Il s’est senti en « fragilité » durant quelques mois, puis tous les effets se sont dissipés.

Il n’a plus jamais retouché à la drogue depuis maintenant plusieurs années. Il a poursuivi et réussi brillamment ses études et choisi sa vie dans la créativité, travaillant le bois.

Un an plus tard, lors d’un repas à leur table familiale, alors que je félicitais Florient pour les transformations que je voyais sur lui,  nous avons enfin pu en parler ouvertement devant, et avec son père.

Il a reconnu qu’il avait compris depuis longtemps que Florient se droguait mais cela l’avait paralysé et qu’il culpabilisait terriblement. Il s’était senti en impuissance totale, honteux, refusant de dialoguer avec sa femme pour qu’elle ne s’inquiète pas. Ce « secret » le rendait malade car il ne savait comment faire pour aider son fils.

L’expérience et le temps m’ont appris que c’est très souvent l’attitude adoptée par les parents. Une autre attitude consiste à entrer en conflit avec le jeune, donc à se battre contre la drogue…Combat perdu d’avance !

 

Pour aider un jeune à s’en sortir, selon son âge bien entendu, il faut tout d’abord aider les parents, les proches, à sortir de la honte, de la culpabilité, des peurs et colères que la situation génère parfois depuis des années.

Il est primordial de recréer le lien entre tous les protagonistes pour que le dialogue puisse s’instaurer à nouveau.

En effet, la drogue fascine dans sa proposition de combat et tout est perdu d’avance si l’on accepte de se battre CONTRE elle.
 Notre colère, notre impuissance nous aveugle et on oublie de se battre POUR la relation avec l’enfant…


JUSTE UN PEU…

 

Une jeune fille, était venue me consulter. Elle avait reconnu fumer mais… « juste un peu » :…

-       C’est quoi  « peu » pour toi ?  lui demandai-je – Je commençais à être moins naïve et connaître le langage de ceux qui prennent de la drogue… 

-       Oh ! juste une douzaine de joints par jour … me répondit-elle avec son pur accent Basque.

Nous n’avions effectivement pas la même notion du « peu ». Nous avions travaillé sur des problématiques qu’elle rencontrait dans sa vie et elle avait pris conscience qu’il lui fallait sortir de son addiction.

Quelques mois plus tard, elle est revenue. Suite à la séance précédente, sa consommation se limitait maintenant à quelques « pétards » le week-end avec les copains « qui fument tous, de quoi j’aurais l’air au milieu si je ne fume pas avec eux ? ».

Elle m’avait donc demandé un nouveau rendez vous auquel, bien entendu, elle est arrivée en retard…L’un des signes qui généralement accompagnent la consommation de drogue..

Lorsque je l’ai touchée, j’ai senti qu’elle avait fumé un joint depuis peu. Cette sensation très désagréable, s’exprime dans mon corps : c’est comme si je me déconnectais du sol, emportée dans une sorte de spirale vers le bas, dans un déséquilibre total, un vertige –.

-       Tu m’as dit que tu ne fumais quasiment plus mais ton corps m’indique le contraire ! Tu viens me voir aujourd’hui pour aller mieux, tu sais que je vais détecter que tu as fumé et cela va limiter le travail que nous pouvons faire ensemble. Que veux tu vraiment ? 

-       Ben, c’est que hier, j’étais avec des copains et nous avons fumé. Au début j’ai refusé parce que je savais que je venais vous voir. Mais il y avait un psychothérapeute de Paris, quelqu’un qui a même écrit des livres. Il m’a demandée pourquoi je n’en voulais pas, je lui ai dit que c’est parce que je venais vous voir et que vous ne pouviez pas travailler si j’avais fumé. Sauf le respect que je vous dois, il m’a expliqué qu’en fait c’est vous qui aviez des problèmes avec la drogue et que c’est pour cela que vous ne pouviez pas travailler avec ceux qui en ont pris ! 

Je reconnais que la colère m’a saisie, que si j’avais eu ce type devant moi nous aurions eu une sacré explication ! L’inconscience, l’irresponsabilité, la banalisation sont les pires ennemis de ce fléau de société. Combien de parents m’ont affirmé « mon enfant ne se drogue pas, il fume juste quelques joints, pas plus d’un par jour, comme ils le font tous… » ?

Dans ma colère, je lui ai dit : « Je n’ai rien contre la drogue elle-même, ces plantes ont toujours existé, et elle peuvent sauver des vies dans les médicaments qui les utilisent ! Elle ne m’a rien pris personnellement, je n’ai pas de revanche à vivre. J’ai la chance que mon fils ne se soit pas drogué.

Ce qui me met hors de moi c’est de voir à quel point elle vous éloigne tous de vos capacités, de ce que vous êtes vraiment, profondément, de votre identité, de vos possibilités Elle vous maintient dans l’ombre, esclaves de vos blessures !  De vrais moutons, tout dans le blabla, mais aucun acte !

C’est sûr, il vaut mieux pour une société avoir de gentils moutons que des lions rebelles. On vous dit quoi faire, quoi consommer…et vous ? Vous faites ! En grognant gentiment contre tout ce monde pourri dont vous profitez un maximum ! La société ne risque rien avec de tels comportements. Vous n’êtes des révoltés que par la parole. Et tout un système économique profite de cela ! Oui ! C’est cela qui me met en colère ! Je vais te montrer ce que je ressens de toi ! »

La colère m’a conduite vers un raisonnement que je n’avais jamais envisagé : il me fallait lui faire ressentir et comprendre ce que je ressentais en la touchant !

Je remercie au passage ce « thérapeute » qui a banalisé la drogue et par là même sa propre consommation. Il m’a permis de trouver un beau moyen pour faire expérimenter aux jeunes l’impact sur leur corps et les dynamiques que cela entraîne.. J’ai vraiment eu la colère « créatrice »… ! -

Il faut comprendre que l’intention guide l’énergie. Donc l’intention que je mets est importante, elle est très simple, lorsque je touche une personne je pense : « J’écoute ton corps » (les ostéopathes comprendront très bien cela, j’ai dérivé ce mode de fonctionnement de leur pratique).

Je demande toujours l’autorisation à la personne pour pouvoir la ressentir. Lorsque j’ai son accord, je prends contact avec sa main et je laisse venir les sensations de son corps dans mon corps.

Lorsqu’il y a drogue, alcool et même antidépresseurs, je ressens ce vertige, ce déséquilibre total, une sorte de spirale nauséeuse qui m’entraîne, aucune stabilité, le sentiment de ne pas sentir le sol, aucune perception de ce qui se passe autour, tout est centré autour de la spirale infernale. C’est toujours le même ressenti lorsqu’il s’agit de cannabis (shit) – pire lorsqu’il s’agit de cocaïne ou d’héroïne.

Prenant la main de la jeune fille, je lui demande de se mettre debout, de fermer les yeux, de prendre une respiration, de relâcher totalement son corps et de laisser venir les sensations, les mouvements et de dire à haute voix « J’écoute mon corps ».

J’observe ma patiente. Le mouvement de spirale est visible à l’œil nu, elle se met à « tanguer », elle effectue un cercle avec son corps..

-       Que ressens tu ? 

-       Rien du tout ! 

-       Pas de mouvement ? 

-       Quel mouvement ? Je ne ressens rien ! 

Je peux aujourd’hui généraliser cette observation et en tirer la conclusion suivante : la drogue coupe les personnes de leurs ressentis intérieurs ainsi que de leur corps. Ainsi, elles n’ont plus les moyens de ressentir intérieurement ce qui leur convient ou pas. Elles ne peuvent plus écouter les messages envoyés par leur corps. Elles ne sont plus réellement connectées à elles-même. C’est comme si les informations les concernant ne pouvaient plus atteindre leur conscient pour pouvoir analyser, percevoir, décider, discerner...

Le déséquilibre, le mouvement sont totalement visibles, physiquement, et ma jeune cliente a vraiment la sensation qu’il ne se passe rien. Je continue donc mon expérience.

-       Très bien, on continue ! Tu vas mettre dans ton intention « J’écoute le corps de Brigitte » 

Rires.

-       Si, si ! Tu vas voir, ça marche !  Allez respire et laisse venir tous les ressentis dans ton corps 

Elle donne l’intention à haute voix, toujours incrédule et souriante.

Son sourire se fige, son corps est déséquilibré dans un mouvement qui l’entraîne vers l’avant

-       Mais je vais tomber ! je me sens poussée de l’arrière

Génial ! ça marche !

-       Ressens tes jambes, que s’y passe-t-il ?

-       Elles sont solides, j’ai l’impression qu’elles descendent dans le sol et en même temps elles veulent avancer

-       Suis le mouvement, tu ne tomberas pas, suis l’indication des pieds et des jambes. Tu sais, moi j’avance dans la vie !

Elle se met à avancer, je lui ai lâché la main. Elle réalise que ce n’est pas moi qui ai donné l’impulsion.

-       Je comprends rien ! me dit-elle

-       C’est simple, tu as écouté mon corps et tu as perçu mon énergie et le mouvement de mon corps. Moi j’avance dans ma vie et je suis solidement ancrée ce qui me permet de faire ce travail ! Tu as reçu dans ton corps toutes les informations de mon corps sur mon fonctionnement.

-       Waouh ! fit-elle interpellée.

Elle est captée, je continue.

-       On recommence. Ton intention à nouveau, tu dis : « j’écoute mon corps » »

La spirale est toujours là.

-       Je ressens rien !

Je crois que je commence à comprendre. J’envisage rapidement une hypothèse et tente l’expérience pour avoir confirmation ou non de cette théorie :.

-       Tu remets à nouveau ton intention sur « j’écoute le corps de Brigitte » et surtout tu laisses venir sans à priori.

Respiration. Ressentis.

Elle se retrouve dans une spirale terrible, elle est en déséquilibre, avec une grimace de dégoût.

-       Quelle horreur ! Mais qu’est ce qui se passe ! C’est pas pareil que tout à l’heure, j’en ai la nausée…

Je jubile, j’ai trouvé un moyen de dépasser l’impact de la drogue et j’ai compris l’un de ses fonctionnements. Super !!!

Je lui explique :

-       Toi tu es restée sur la même intention, celle d’écouter ce qui se passe dans le corps de Brigitte, donc dans mon corps. Tout à l’heure, je t’ai laissée écouter mon énergie et tu l’as parfaitement ressentie. Lorsque je t’ai demandé de ressentir à nouveau TON corps, tu m’as répondu qu’il ne se passait rien. J’ai donc compris que tu ne pouvais pas entendre et ressentir ce qui venait de toi.
Alors, j’ai rusé, je t’ai demandée d’écouter à nouveau MON corps. Pendant que tu l’écoutais je mettais dans MON intention l’écoute de TON corps.
Je me suis « branchée » sur toi afin de devenir « récepteur » des sensations émises par TON corps et tu as ainsi pu  ressentir ce qui ce passait. Ce que tu viens de ressentir, là maintenant, c’est l’énergie de TON corps, la spirale vertige c’est ce que je perçois lorsque je te touche, maintenant tu sais. Comprends-tu ma colère ?

Elle a été très interpellée par l’expérience et a vraiment pris conscience du processus dans lequel la drogue l’entraînait.

La drogue (ou l’alcool et je vais même jusqu’aux antidépresseurs) coupent les personnes de leur ressentis intérieurs, mais exacerbent les ressentis extérieurs. Leur sensibilité perçoit de manière démesurée ce qui vient de l’extérieur et par là même,  amplifie le mal-être.

 

Il est important de comprendre que la personne sous emprise n’est plus en contact avec son ressenti profond. N’ayant plus d’accès à ses sensations intérieures pour trouver une sécurité, un apaisement, elle se sent agressée, rejetée, incomprise, victime de la société, des parents, des autres…de tout ce qui vient de l’extérieur…


 La sortie ? C’est par là…

 

Tout le travail du thérapeute consiste à conduire l’homme à une nouvelle naissance” –

Paracelse

 

Ouvrir un espace sans jugement …

 

Bert Hellinger (« père » des constellations familiales) a l’habitude de dire que pour effectuer un travail d’aide avec une personne, il est indispensable de l’accueillir dans notre cœur (ce qui n’est pas toujours évident…).

J’ai entendu, un jour, un prêtre dire des mots qui m’ont percutée car ils résument l’état d’esprit dans lequel nous devons accueillir les personnes qui demandent de l’aide :

« Jésus, lorsqu’il te regarde, il ne te dévisage pas,
il t’envisage. Il voit ce que tu peux être »

Envisager, voir ce que chaque personne peut « être ».  N’est ce pas notre rôle, en tant qu’humain, que « thérapeute », à avoir sur l’Autre ce regard qui lui permet de voir, ressentir, toucher ce qu’ils sont vraiment, au plus profond d’eux-mêmes, à aller réveiller la divinité cachée par Brahma ?

Pour cela, encore nous faut-il être capable de ressentir leur véritable valeur. Pas dans une belle théorie, mais en profondeur, en sincérité totale car c’est grâce à notre regard et avec notre cœur ouvert qu’ils vont trouver le courage d’aller regarder les blessures qui les ont éloignés de leur « être » profond.

De par les années de pratique, ma sensibilité dans le domaine des addictions a évoluée, ma connaissance également, j’ai beaucoup appris grâce à tous ceux qui m’ont fait la confiance de cheminer avec moi. Pour pouvoir travailler avec une personne qui veut s’en sortir, il faut d’abord percevoir ce que les conséquences de l’addiction veulent nous cacher, la personne telle qu’elle peut être sans la drogue, l’alcool ou autre.

Aujourd’hui, je ressens la drogue dès que mon patient entre dans mon cabinet. - J’avais écrit « dès que le jeune entre dans mon cabinet » je rectifie car, à mon grand désarroi, il y a de tous les âges, de tous les milieux, des hommes et des femmes de 15 à 50 ans…pas spécialement marginaux, ils ont un travail, vivent en couple, des enfants… et ils se droguent, certains ont même initié leurs propres enfants !! –

Je leur dis, dès qu’ils sont assis et tout en restant à distance : « Tu prends de la drogue non !? »

Ils m’honorent généralement d’un «comment vous savez cela ? » surpris et légèrement admiratif. Le lien se crée à ce moment là.

Généralement, un sourire condescendant orne ensuite leur bouche, ils évitent mon regard et continuent sur :

-       Vous savez tout le monde fume, c’est de la bêtise de croire que c’est dangereux ! Je ne suis pas accro, je m’arrête quand je veux, juste un joint de temps en temps ça me détend quand je suis stressé , ça m’apaise quand je suis en colère, je peux arrêter quand je veux !»

-       C’est cela !! Et moi j’ai un pétard de retard ! Bon, on va un peu parler tout les 2, enfin surtout moi, je vais t’expliquer différentes choses car tu vas devoir faire un choix.»

-       Mais je ne suis pas venu pour la drogue, je fume juste quelques joints c’est pas ça mon problème !! »

-       J’entends bien mais je ne m’investis pas lorsqu’une personne se drogue, alors je vais t’expliquer, te montrer et ensuite, on décidera toi et moi si on continue ensembles.
Mais je mets des conditions très dures…Tu vois, moi je ne travaille qu’avec ceux qui veulent vraiment retrouver le lion qu’ils sont en réalité, pas pour les moutons, la société s’en charge.
J’aime gagner, je ne m’investis pas à perte, travailler avec une personne qui se drogue me demande un véritable engagement, beaucoup d’énergie et j’aime les résultats.
Je n’ai aucun compte à régler avec la drogue, ce qui me désole c’est que je peux voir qui tu es et toi tu n’en as même pas idée, tu es à des kilomètres de toi-même !
Donc si tu choisis de ne jamais te rencontrer, de ne jamais savoir ce que tu vaux vraiment, alors tu n’as pas besoin de moi !  Ce sera ton choix et je le respecterai, mais je vais te raconter ce que l’expérience m’a apprise et ensuite tu prendras ta décision.»

Lorsque j’effectue une séance avec une personne qui se drogue, je suis très claire dans ma démarche, cette clarté est un gage de sécurité et de respect pour elle..

Je l’informe que je ne peux travailler dans l’état où elle se trouve. Ce qui est totalement vrai. Les informations que me donnent son corps sont faussées car la « drogue » n’a pas intérêt à ce que la personne aille mieux : elle ne serait plus indispensable. Je serai emmenée sur des pistes sans efficacité.

J’ai pris de bonnes « leçons »  avant de comprendre…

Un élixir floral m’aide énormément à effectuer la séance, l’Alchemille argentée (Labo DEVA) - voir histoire de la Dame Blanche-. 3 gouttes absorbées par le patient, me permettent d’accéder aux informations de son corps le temps de la séance.

Un jour, un patient arrivé en état de manque terrible (héroïne, cocaïne) a été immédiatement apaisé par 3 gouttes et j’ai ainsi pu travailler avec une personne totalement présente à ses ressentis. Je ne dis pas que cet élixir est capable de pallier aux symptômes du manque, mais si la personne est dans une dynamique sincère de quitter la drogue, cet élixir lui apporte une forme d’aide.

Je ne suis pas dans la « fureur thérapeutique », pas un « sauveur » de l’humanité. Je ne peux que mettre à disposition de ceux qui me font confiance, une connaissance et des outils.

Ce qui signifie en clair que si la personne ne veut pas se transformer, changer sa vie, ses comportements, pour elle-même, personne ne le peut !

Les parents doivent malheureusement intégrer cela : Un jeune qui vient consulter pour leur faire plaisir, pour avoir la paix…mais qui estime que pour lui « tout va bien ! », sans une vraie motivation, sans avoir conscience de son mal-être, en résumé s’il n’est pas « demandeur », la démarche est vouée à l’échec.

 


«Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.»

 

 (Albert Einstein)

 Je refuse de travailler avec une personne sous emprise si elle ne s’engage pas à sortir de la drogue. C’est de l’énergie, du temps et de l’argent perdu. Je comprends tout à fait que l’on ne puisse ou que l’on ne soit pas prêt à faire ce choix. Cela arrive parfois, certains voudraient se libérer du mal-être mais en aucun cas du plaisir que leur procure leur addiction. C’est un choix qui doit être respecté.

Je prends toujours le temps d’expliquer, de sensibiliser aux fonctionnements des plantes grâce aux « histoires », afin d’amener à une autre compréhension, à des interrogations, bref à semer la graine du doute dans le champ des certitudes, le tout sans jugement.

J’ai une profonde et sincère conviction : cette graine du doute va pousser et lorsqu’elle aura vraiment germé, la personne pourra à nouveau choisir. Ce qui est important c’est que la démarche s’effectue avec une vraie envie (en vie ?) de vivre, de changer, de se libérer.

Mon « intransigeance » génère un engagement fort de la personne car elle va vraiment avoir besoin de toutes les forces possibles pour sortir de ce gouffre.

Une relation de confiance et de respect mutuel se crée et dans cette source la personne pourra venir puiser : quelqu’un croit en elle, en ses possibilités, en sa volonté…Un autre regard, celui qui peut changer, montrer un autre possible.


 

 La magie du corps « qui sait »…

 

Après m’être positionnée clairement je propose au jeune de faire une expérience, je présente cela sous forme ludique : « on joue ? »

Il est debout, bien campé sur ses jambes légèrement écartées. Je me place perpendiculairement à lui et lui demande de résister à la poussée régulière et forte que j’effectue au niveau de son épaule. Je le préviens que je suis « costaud » et qu’il faut qu’il résiste vraiment afin de garder sa stabilité.

Cela lui permet d’enregistrer sa propre force de résistance.

Je lui demande ensuite de prendre dans la main un téléphone portable connecté.

Je renouvelle l’expérience de la poussée. Il n’arrive pas à résister, il est déséquilibré.

Je plaisante « Eh bien ? qu’est-ce-qu’il t’arrive ? Tu n’as plus de forces ou quoi ?  On recommence»

J’ôte le téléphone, et renouvelle l’opération. Il ne bouge pas, très stable.

Je redonne le téléphone et plus d’équilibre

« C’est le poids du téléphone ? » m’interroge-il sceptique

J’ironise :« Ben sûrement ! Un portable c’est trop lourd pour toi… On recommence ?»

Cette fois je mets le téléphone off, coupé.

Lors de la poussée, stabilité totale !

« Alors ? C’est le poids du téléphone ? »

« Ben non ! C’est parce qu’il était branché ? »

Je reconnecte le téléphone et renouvelle ma poussée. Immédiatement il perd toute sa stabilité.

« C’est parce qu’il émet et reçoit des ondes ? Mais je comprends pas pourquoi je tiens pas ?!! »

Cette expérimentation, menée comme un jeu de découvertes est primordiale. Elle va amener le jeune à réellement s’interroger, car il aura expérimenté par lui-même, pas de blabla…

Il veut maintenant comprendre ce qui se passe. Son attention est captée.

J’explique donc que lorsque le corps est « stressé », il perd du tonus musculaire, il perd de  l’énergie. Ceci est le principe de base de la kinésiologie qui permet d’interroger le corps grâce à des tests musculaires.

Les jeunes comprennent vite grâce à cette expérience, que le téléphone portable est nocif pour eux, porté en permanence sur leur corps. J’en profite donc pour conseiller de ne pas le mettre sur le cœur, près des organes sexuels et…plus souvent pour les filles (même certaines femmes) de ne pas le mettre sous l’oreiller où il a été glissé afin de ne pas rater LE message qu’il pourrait envoyer au milieu de la nuit… !

Ce premier « jeu » éveille en général la curiosité. Ils sont toujours d’accord pour jouer un peu plus…

J’ai dans mon cabinet un petit flacon, fermé, en verre fumé, vide au premier abord.

Je tente cette fois l’expérience avec le flacon. Immédiatement le jeune est déstabilisé et d’une simple pichenette je le fais bouger.

-       Waouh ! C’est quoi çà ?! Dis donc c’est plus fort que le téléphone ! »

-       Regarde dans le flacon, tu vois ce petit bout ? C’est du cannabis !

Ce flacon contient effectivement un minuscule bout de feuille de cannabis (1 mm maxi) qui ne se distingue quasiment pas.

L’effet de surprise est total, la prise de conscience aussi. La personne a pu ressentir physiquement ce qu’il se passait, et là enfin peut vraiment commencer le travail thérapeutique car l’attention, la confiance et la curiosité sont là…

-       Bon, je t’explique un peu ? J’ai quelques histoires à te raconter…


 Les « HISTOIRES » qui (r)éveillent…


La tradition des plantes sacrées

 

J’ai lu les écrits de l’anthropologue Carlos Castaneda qui a été initié aux pratiques chamaniques par Don Juan, un shaman indien.

Pour ceux qui ont fait des expériences « fortes » avec des plantes d’Amazonie, des champignons hallucinogènes ou autres, et qui sont dans une démarche prétendument « spirituelle », cette référence à Castaneda est une clé que j’utilise parfois pour entrer en relation, les jeunes sont surpris que je puisse avoir ce type de lecture.

Il est à préciser que les écrits de Castaneda étaient en réalité des fictions, et pour ceux qui se réfèrent à ses propos scientifiques d’anthropologue, son doctorat lui a été retiré (ce qui est une chose très rare), pour imposture.

Cependant, j’ai retenu de ses passionnants écrits que, tout comme le tabac, certaines plantes sont sacrées et sont utilisées pour l’initiation des « élus » afin de les amener dans un état de conscience modifiée qui permettra d’accéder à une évolution spirituelle vers une meilleure compréhension de la vie et des capacités à soigner et accompagner ses congénères.

Don Juan, le shaman, explique que lorsque l’on prend ces plantes sacrées initiatiques, on entre en contact avec l’âme de la plante qui nous communique un savoir, une libération pour poursuivre le chemin de la Connaissance.

Cependant si nous ne sommes pas « élus », si la plante ne nous a pas choisis, nous prenons le risque d’en devenir prisonnier, elle devient alors notre maître et elle peut, selon les plantes nous amener vers la destruction et la mort.

Il est possible de sourire à ces propos sur « l’âme des plantes » mais il est confirmé scientifiquement que les plantes ont des moyens d’analyse, de réaction et de communication.

 


 

L’âme des plantes

Dans ses reportages, ainsi que dans ses écrits, Jean Marie Pelt  (Les langages secrets de la nature)  raconte notamment l’expérience des Koudous, sortes de gazelles d’Afrique du Sud - qui se nourrissent habituellement de buissons appartenant à la famille des acacias. Ces buissons sont parfaitement comestibles.

Si plusieurs Koudous  viennent se nourrir à partir du même buisson, celui-ci est en danger d’être totalement dévoré, donc de disparaître. Ce buisson se défend alors contre cette attaque et devient instantanément toxique…Et le plus extraordinaire… ? Dans un rayon d’1 km à la ronde tous les arbustes de la même espèce deviennent également toxiques en même temps… !!!

C’est ainsi que dans une réserve, malgré la présence importante d’arbustes, donc de nourriture potentielle, les Koudous sont morts de faim. Le message d’agression et la réponse toxique s’étant « propagés » dans toute la réserve.

D’autres expériences ont été réalisées notamment avec un détecteur de mensonge connecté sur une plante. Lorsque l’on a menacé la plante de tortures avec une cigarette, elle a émis des signaux captés par le détecteur !

Lorsqu’un Shaman cueille une plante en vue d’une initiation ou pour s’en servir de remède, il lui parle tout d’abord, lui demandant l’autorisation de prélever uniquement son besoin en respectant sa survie. La plante accepte et du coup, ne génère pas de toxicité.

Même le tabac, plante sacrée pour les indiens, lorsqu’elle est récoltée de manière « industrielle » démultiplie son taux naturel de nicotine et devient toxique…

Croyez-vous que les producteurs de cannabis, pavots ou autre demandent gentiment l’autorisation aux plantes de les récolter afin de fournir de quoi « satisfaire » nos petits occidentaux dans le mal-être ?

Le but originel de ces plantes initiatiques est d’amener « l’élu » à un autre niveau de conscience pour élargir ses capacités. Cet élu, choisi par le Shaman, est préparé et accompagné durant tout le « voyage » avec la plante.

Pour être plus clair, imaginons que le savoir, le mode de vie, de pensées, d’actions d’un véritable homme médecine, un Shaman, lui permette de bénéficier d’une fréquence vibratoire très importante. Supposons qu’il vibre à 30 000 (ce qui ne veut rien dire…), moi, apprentie Shaman, je vibre à 10 000. Pour accéder à un niveau de conscience supérieur je suis invitée à prendre une plante qui vibre à 15 000 afin d’amplifier ma vibration. Je vais faire cette expérience accompagnée par le Shaman et ainsi transformer mon niveau de conscience qui va pouvoir vibrer à 15 000. La plante pourrait être qualifiée de « force de Lumière » car elle va m’amener vers de nouvelles possibilités, ouvertures.

Supposons que le jeune « non apprenti » vibre aux environs de 3 000, il décide de fumer du cannabis, du 15 000 !!! C’est comme s’il mettait les doigts dans une prise de 380V ! Il fait cela seul avec un « produit » qui n’est absolument pas adapté à lui. La plante va le rendre prisonnier…Elle va prendre le pouvoir, elle devient une « force de l’ombre ».

Cette « histoire » apporte une autre approche de la plante, de la drogue sous l’aspect des forces de l’ombre.


Un autre regard sur une fameuse série cinématographique…

STAR WARS…

 

Résumé : un jeune « prodige » Anakin Skywalker est identifié par un maître Jedi – les Jedi sont des guerriers au service de la Force de Lumière –

Cet enfant a des capacités exceptionnelles. Il vit avec sa mère en tant qu’esclave Il n’a pas de père.

Un Jedi emmène l’enfant, avec l’accord de la mère, pour le former.

Le jeune Anakin grandit. Ses dons et capacités sont exceptionnels, uniques.

Un jour, voulant retrouver sa mère, il apprend que celle-ci a été assassinée par une tribu voisine. Ivre de rage, il cède à la colère et massacre la tribu.

Les maîtres Jedi, malgré les capacités extraordinaires de ce héros, refusent de le passer « maître » ce qui blesse l’orgueil du jeune Anakin très conscient de sa valeur.

Celui-ci, marié en secret, est très amoureux de sa femme. Un rêve prémonitoire le terrifie : il la voit mourir. Il entre dans la peur de perdre sa femme.

Le sénateur Palpatine, qui est en réalité le « Maître des forces de L’Ombre », connaît les blessures du jeune Anakin et les utilise :

« Comment ? Ils ne veulent pas te reconnaître en tant que maître ? Mais cela est totalement injustifié et injuste, ils ne voient pas ta vraie valeur… » Encourageant ainsi le ressentiment, la colère et la position de « victime » du jeune Anakin blessé dans son orgueil, l’isolant de ceux qui lui veulent du bien.

« Tu as rêvé que ta femme allait mourir, j’ai la connaissance pour rendre la vie, viens avec moi. Tu auras plus de pouvoirs»

Submergé par ses peurs et blessures, Anakin quitte le monde des Jedi et accepte les propositions du sénateur, donc des Forces de l’Ombre pour acquérir plus de pouvoir, pour être reconnu.

L’Ombre et la Lumière, ont une même puissance extraordinaire, les mêmes capacités. Ce qui les diffère ? c’est l’usage que l’on en fait.

Les Jedi, guerriers des forces de la Lumière mettent leurs capacités au service de l’Autre.

Les guerriers des forces de l’Ombre agissent pour leur pouvoir et enrichissement personnel, essentiellement tournés sur eux-même. Ils veulent plus, toujours plus, de tout : pouvoirs, argent, possessions…

Le Sénateur Palpatine agit exactement comme le fait la drogue ou l’alcool. Il connaît les blessures du jeune Anakin - colère, haine, ressentiment, rancœur, orgueil, sentiment de rejet, peur de perdre, manque du père, de reconnaissance….-

Il lui « remue le couteau dans la plaie », , lui faisant croire qu’il est enfin compris, qu’il va lui « offrir » tout ce qui lui fait défaut : plus de pouvoirs, de la force, une paix, et enfin le sentiment d’appartenir à un groupe où il sera reconnu.

Il lui donne l’illusion de trouver un « père », celui qu’Anakin n’a jamais connu….

Le jeune est devenu prisonnier de lui-même, de ses peurs, de ses blessures. Il a perdu sa liberté, son discernement, il a rejeté ceux qui le respectaient, l’aimaient… Il a TOUT perdu, y compris sa dignité…


Des brèches dans le mur…

 

Dans tout ce qu’il m’a été permis d’expérimenter, je me suis rendue compte que l’énergie de la drogue est une énergie vivante et d’une très grande intelligence, celle de la plante comme on l’a vu précédemment.

Même si ces propos vous surprennent, ouvrez votre esprit, juste le temps de cette lecture, à cette hypothèse, c’est la base d’une autre compréhension.

Imaginez un mur de pierre. Lorsque le temps passe, des brèches se forment. Lorsqu’il pleut, les brèches sont remplies d’eau. Le mur a le sentiment d’être plein, il ne ressent pas les vides générés par ses brèches.

Lorsque le soleil arrive, l’eau sèche, puis le vent monte. Le vent s’engouffre dans les brèches et cela devient douloureux pour le mur, il ressent toutes ses blessures.

Il est vrai que lorsque l’eau remplissait ses brèches, le mur se sentait « plein » cependant l’eau continuait insidieusement l’érosion et creusait des sillons encore plus profonds. Elle faisait son œuvre dans l’Ombre…tout comme la drogue

La solution :

ü  Maintenir le niveau d’eau dans les brèches ? Possible mais le mur se fissurera totalement et toute sa conscience sera fixée sur LA brèche, il finira par s’écrouler totalement.

ü  Trouver et réparer les brèches : le mur en ressentira les cicatrices et peut être une fragilité, mais l’eau ne pourra plus s’y engouffrer et poursuivre son œuvre souterraine de fragilisation.

Vous êtes le mur, et l’eau représente les « forces de l’Ombre »  -drogue, alcool.-. Le sentiment d’être plein, entier lorsque les brèches sont remplies soulage. Dès que l’effet de satiété s’évapore, la conscience du manque, de la blessure, du besoin non rempli, les angoisses associées se font aiguës et le désir de retrouver la sensation « pleine » va petit à petit conduire à l’addiction.

En réalité, le sentiment d’être plein est erroné, c’est le confort de ne plus ressentir la froideur du vent, du vide dans la brèche, de ne plus entendre les messages du corps qui génère cela.

Les « Forces de l’Ombre » ont gagné ! Elles sont devenues nécessaires.

Selon les ressentis, l’histoire de vie, la personnalité, les forces acquises ou non, le besoin peut s’amplifier et aller vers une recherche encore plus forte (drogue dure, cumul drogue/alcool..°) et une dépendance totale.

La seule solution : aller rechercher les brèches et tenter de les colmater.

Il faut être aidé pour aller travailler sur les brèches. Seul, le parcours est quasiment impossible (drogué ou pas) par manque de recul, d’objectivité. Il faut vraiment du courage, de la détermination ce qui va demander à la personne d’effectuer quelque chose de très difficile : un CHOIX !


CHOISIR !

 

Poussés de tous côtés par une société organisée autour de la consommation qui a réussi à amener la croyance que l’on peut tout avoir, qu’il suffit de vouloir, les parents, souvent culpabilisés, sont entrés dans ce jeu sans limites.

Nombre de personnes se sont construites sur la croyance de « tout m’est dû, j’y ai droit, je veux tout ! ».

Le bon sens est oublié

Ringards les : « Tout se mérite ! » « Tout à un prix ! L’effort est nécessaire… » « on ne peut pas tout avoir » « si tu n’as pas les moyens, tu n’achètes pas »…

Désolée, mais la vie se charge de faire comprendre qu’effectivement on ne peut pas tout avoir et qu’il est primordial de comprendre qu’il faut apprendre aussi à « CHOISIR » et que « CHOISIR » c’est être capable de « RENONCER »…

Cela peut paraître évident intellectuellement mais la réalité est souvent fort éloignée des belles paroles…

« RENONCER » cela s’apprend dès l’enfance (il y a NON dans renoncer…).

Le « NON ! » des parents structure l’enfant. Il lui permet de se construire, d’apprendre progressivement à dépasser la frustration générée.

La rencontre avec ce « barrage » active une forme de « mini-dépression » très vite dépassée par l’enfant. Cet entraînement progressif lui évitera, dès l’adolescence, lorsqu’il va se trouver confronté aux inévitables « NON ! » que la vie va naturellement lui faire rencontrer, de plonger en dépression profonde au premier écueil percuté… Quel tristesse de voir des jeunes de 15 ans sous antidépresseurs, incapables de dépasser des contrariétés mineures… !

Afin que mes patients intègrent ce qu’est la notion d’un véritable choix, je leur « joue » le scénario suivant :

 

« Profiteroles ou île flottante ? »

 

-       Choisir c’est savoir renoncer ! Pour bien comprendre cela, je vais prendre un exemple où je te propose 2 magnifiques desserts : profiteroles OU île flottante.
Attention ! pas n’importe quelles profiteroles… des succulentes, avec le chocolat chaud, une glace à la vanille fabuleuse dans des choux moelleux….
Mais l’Ile flottante avec sa crème parfumée à la véritable vanille des îles, est un pur délice. Imagine le contraste du moelleux des blancs en neige avec le croustillant d’un caramel doré et parfumé…
Alors maintenant tu as plusieurs attitudes possibles :

Premier scénario : Tu restes indécis face aux 2 desserts parce que tu aimes les 2 et tu veux les 2 !
Impossible !  Je t’ai bien précisé que c’est l’un OU l’autre !
Toi tu peux penser : « Oui mais si je prends les profiteroles, peut être que j’aurais préféré l’île flottante ?… »

Le temps passe, tu ne peux te décider. L’énergie a un rythme, tu ne le respectes pas.

Conséquences :  la glace des profiteroles a fondu, le chocolat refroidi s’est figé. Les blancs de l’île flottante se sont affaissés et le caramel s’est liquéfié…

Tu es passé à côté du délice. Tu n’as rien choisi.

Choisir c’est savoir renoncer… : T’as pas su, t’as rien eu …
parce que ne pas choisir est aussi un choix ! le plus terrible, celui où l’on subit…

Tu as les conséquences de tes actes : il ne te reste que les souvenirs et l’amertume de ce qui aurait pu être. Tu peux même trouver cela injuste : « on a voulu m’obliger à choisir, je voulais les 2, ce n’est pas juste » et cela te justifie que la vie ne te fait pas de cadeaux…

Deuxième scénario : Tu choisis…… « Allez, va pour les profiteroles ! »

Waouh super ! Beau choix ! Là encore 2 attitudes possibles:

§  Les profiteroles sont devant toi, ta cuillère casse l’harmonie parfaite de choux, glace et chocolat, tu portes distraitement à ta bouche ce moment d’infini car toute ton attention est tournée vers l’île flottante que tu as délaissée : « j’aurais peut-être dû la prendre, elle est peut-être meilleure… ».
Tu ne le sauras jamais, mais en plus tu viens de saboter la dégustation d’un véritable bonheur.
Tu n’es pas présent, tourné sur ce qui aurait pu aussi être. Seul le goût des regrets te chatouille les papilles. Tu n’as pas su mettre le mot « FIN » en renonçant totalement à l’autre dessert. C’est ballot non ???

§  Toute ton attention est là, sur les profiteroles choisies, tu dégustes l’instant présent, tu le vis, tu t’émerveilles et, plein de gratitude, de joie, chaque bouchée devient un régal qui t’arrache un Huuummmm trop bon !
Tu as su renoncer, tu es dans la joie.
Tu avances, tu as complètement laissé derrière toi l’île flottante. Quelle importance puisque le bonheur est là dans ta coupe, dans ta bouche dans toutes tes cellules ?

Choisir exige du courage car il faut prendre des risques, on devient seul responsable de ses actes et on en assume entièrement les conséquences

Oui, bien entendu, il est possible de se tromper, de faire des erreurs mais au moins on aura appris et on en tirera les enseignements ! Cela fait partie du processus d’apprentissage.

  

« un succès n’est jamais définitif, un échec jamais fatal, seul compte le courage ! »

Auteur inconnu

 Il faut apprendre à aller de l’avant sans se retourner, à accepter l’inconnu et la peur qui est sa compagne de route, à savoir renoncer, s’engager...

L’inconnu fait peur, nous ne savons pas vers quoi nous allons. C’est humain, c’est également une ressource qui nous protège, en effet, si la peur n’était pas aux rendez-vous, nos sens ne seraient pas en éveil, nous foncerions tête baissée, sans discernement des éventuels dangers, sans être totalement présent, attentif.

Il ne faut pas que cette peur devienne excessive sinon elle nous paralyse. Il nous faut apprendre dès l’enfance à la dépasser et cela demande du courage, un certain sens de l’aventure sinon tu restes un mouton et ton « non choix » devient ton choix !

La drogue et la société veulent des moutons. La drogue amplifie la notion de danger extérieur et l’action biochimique que cela génère naturellement au niveau du cerveau paralyse le discernement, la réflexion, le raisonnement, l’analyse, donc le mouvement pour aller de l’avant, pour passer aux actes et prendre ainsi les risques de la vie.

Il n’y a pas de honte à être un mouton, mais là aussi, il faut le choisir en conscience et l’assumer : « Je choisis de rester dans le troupeau, de laisser mes choix et décisions entre les mains de ceux qui m’entourent. Eux seuls savent ce qui est bien et bon pour moi ! Je préfère me laisser porter par le courant, pas envie de manœuvrer mon embarcation »

-       Décide le ! Si c’est vraiment ton choix. Et surtout assume-le, arrête de pleurer sur ton sort, arrête de te poser en victime de la société dans un monde soi-disant pourri que tu subis ! Tu as la possibilité de transformer, personne ne te tient prisonnier, tu es ton seul geôlier !

Les jeunes expriment souvent :

-       Ouais, c’est vrai le monde est pourri, on ne respecte rien ! Nous, on n’aime que la nature et les animaux

-       -Je suis d’accord, mais qu’est ce que tu fais pour le changer ? Tu te regardes le nombril, pleure sur ton sort, sur ce que devrait être le monde.
Mais toi, tu en fais partie de ce monde là, tu en es un acteur au même titre que moi, que nous tous.
Où mets tu tes forces ? Quelle aide apportes tu à la planète ? A la nature ? A part fumer son herbe, qu’est ce que tu fais pour elle ? Qu’est ce que tu fais pour changer tout cela ?
Moi aussi je souffre de voir la terre non respectée, de voir l’océan recracher à chaque tempête nos détritus. J’ai peur pour les générations suivantes. Mais je refuse d’entrer dans la catégorie « mouton », je suis née rebelle et rebelle je mourrai mais je me serais battue une bonne partie de ma vie pour semer de nouvelles graines, celles de la révolte, de la non acceptation de ce que l’on croit être fatalité. 
Je suis devenue une lionne et fière de l’être.
Aujourd’hui, je tente de réveiller les lions qui s’ignorent encore car on ne leur a pas dit qu’ils en étaient car ils ne savent pas ce qu’est un vrai lion !
Le jour où ma vie se finira, je rentrerai à la maison tranquille, sans regrets, sans remords. J’aurais agis. Bien entendu j’aurais fait des erreurs, des mauvais choix, mais j’ai bougé ma vie, j’ai avancé, j’ai pris des risques et j’aurais connu la magie de l’action :

 

« Quoi que vous pensiez ou croyez pouvoir faire, FAITES LE ! L’action porte en elle la magie, la grâce et le pouvoir» (Goethe)

 


      

               Mouton ou Lion ?                 

 
   

Que choisis tu ?

 
Tous les peintres disent que pour faire apparaître la Lumière sur un tableau, l’ombre est nécessaire. J’ai la conviction que c’est exactement la même chose pour notre vie.

La prise de drogue qui appartient aux forces de l’Ombre mettent en évidence les blessures et fragilités, donnant ainsi à chacun la possibilité de les transformer, de les dépasser afin de bouger sa vie, de tenter des changements pour que s’arrête la souffrance.

Si l’on n’entend pas les messages, la destruction peut aller jusqu’au bout, comme les vers à soie qui meurent tout gris de n’avoir pas voulu entendre les messages pour se mettre en œuvre.

Bien entendu, il ne faut ni négliger, ni minimiser, l’action chimique des drogues sur le cerveau - certains dégâts peuvent être irréversibles – on constate un nombre croissant de schizophrénie chez ceux qui consomment. Il n’est parfois plus possible d’intervenir avec des méthodes thérapeutiques « simples », car cela peut relever du domaine psychiatrique.

Lorsque je les ai sensibilisé à tous ces aspects liés à la consommation de drogue grâce à toutes ces « histoires », je leur demande quel est leur choix. Très peu de jeunes refusent l’engagement clair que je leur ai proposé, ils veulent vraiment travailler sur leurs brèches car ils ont compris comment et pourquoi ils en sont arrivés là.

Je fais ma part de travail dans ma compétence et leur demande également d’aller voir un médecin spécifique, spécialisé dans l’approche de la drogue, qui va effectuer, par acupuncture, un nettoyage du corps et relancer les énergies de vie de la personne. Il ne faut absolument pas négliger l’aspect chimique, les habitudes que le corps et le cerveau ont engrangé, tout n’est pas que psychologique…Un psychiatre peut également être nécessaire si la personne est allée trop loin.

Ceux qui ont choisis de transformer leur vie mettent alors beaucoup en œuvre avec une détermination et un courage qui forcent l’admiration de tout leur entourage. Ils commencent à exister et à y prendre goût !

Après ce qu’ils ont traversé,
ces « lions » ne redeviendront jamais des moutons,
ils connaissent le prix de la transformation, ils l’ont payé !



Un peu plus d’infos sur les « brèches » …

 

J’ai pu constater, au fil des années, que chez la majorité des personnes qui se droguent, il y a le manque de l’énergie du père et une blessure qui prédomine : le sentiment de rejet.

 

L’énergie du PERE

Cette énergie forte et masculine qu’ils n’ont pas pu prendre chez le père, ils vont la chercher dans quelque chose de fort : la drogue !

Pourquoi n’ont il pas pu prendre ce qui venait du père ?

ü  Parce que le père n’a pas pu ou pas su se positionner en tant que père ( absent, disparu, immature, souffrant lui-même de dépendances, se détruisant…).

ü  Parce que le jeune refuse de prendre ce qui vient de lui, ne le reconnaît pas, ne le respecte pas – c’est souvent une des conséquences dramatiques des divorces qui se passent mal  (irrespect de la femme à l’égard de son ex-mari, attitude de l’homme qui a trouvé une nouvelle compagne et qui rejette son ancienne vie…) il y a tant de possibles…

Je ne suis absolument pas en train de dire que TOUS les enfants qui n’ont pas « reçu » de leur père finissent dans la drogue !

Certains ont réussi à ne pas y entrer, car ils ont pu prendre, symboliquement, cette énergie ailleurs, si la mère respecte l’Homme. En effet, un éducateur, un professeur, un oncle, un nouveau compagnon, des amis… peuvent montrer à l’enfant ce qu’est une énergie d’Homme et leur permettre de s’en inspirer, de venir puiser à cette autre source.

Une ressource aussi inattendue que l’Océan peut également symboliquement nourrir l’enfant de cette énergie là : cette force puissante impose, à ceux qui veulent s’y confronter des règles, des lois qui, si elles ne sont pas respectées, mettent en danger et peuvent générer une rude « correction » pour remettre sur le droit chemin (l’un des rôles du père)…

 

Le sentiment de rejet.

A moment donné, l’enfant a pu avoir un sentiment de rejet fort : il s’est senti rejeté par les autres, sa famille, à l’école…ce qui ne correspond pas forcément à la réalité, mais qui est devenu SA réalité.

La drogue amplifie et encourage ce sentiment sur lequel elle fait son nid et isole sa proie.

En effet, pour perdurer, ce système pervers nécessite que la personne en souffrance s’isole encore plus et soit renforcée dans son sentiment de « victime ». Pour cela ses actes vont faire en sorte de générer, provoquer une forme de rejet, et mettre en réaction tous ceux qui pourraient lui manifester de l’amour. C’est une forme d’auto-sabotage organisé, efficace, mais inconscient.

La personne va petit à petit perdre ses amis « sains », rechercher et se retrouver totalement isolée ou intégrer un groupe aux mêmes problématiques.

Le mensonge devient courant, l’agressivité, l’arrogance, le déni complet des problèmes « tu dramatises tout, mais je ne fume quasiment plus ou pas… », la culpabilisation, parfois le vol sont également au rendez-vous.

Il y a également le côté « charme », la manipulation : lorsque l’on a le sentiment d’avoir eu une conversation à cœur ouvert dans laquelle l’enfant fait tout pour « sécuriser », donnant toutes les promesses possibles (il peut être vraiment sincère dans l’instant) dont aucune ne sera tenue. Au début, les parents veulent y croire, mais la réalité les rattrape vite.

La particularité des forces de l’ombre est de maintenir dans l’inaction. Il y a des projets, des paroles, beaucoup de « grandes idées » mais pas de passages à l’acte, du blabla…rien ne se concrétise ou, s’il y a ébauche du projet, abandon rapide. L’absentéisme et l’échec scolaire…

Il est essentiel de comprendre que les forces de l’ombre veulent isoler leur proie.

Les actes des personnes sous dépendances entraînent des réactions totalement incompréhensibles pour les proches. Votre enfant n’est plus celui que vous avez connu, il n’est plus totalement lui-même, il est sous l’emprise d’une force plus forte que lui. Soyez conscient de cela, n’entrez pas dans la provocation.

Le sentiment d’impuissance totale à aider votre enfant, l’exaspération face aux mensonges, aux promesses non tenues, au sentiment d’être manipulé, emmènent vers la colère, le désespoir et c’est l’un des aspects les plus difficiles pour lesquels les parents doivent être aidés afin de trouver les ressources pour traverser cette épreuve et ne pas entrer dans le système proposé par le jeune qui peut conduire au rejet total, but implicite de la drogue.

La difficulté est de rester ferme mais ouvert afin de ne pas entrer dans l’escalade proposée. Cela demande tant d’énergie et de courage et parfois de contradictions que l’on peut s’y perdre  !

Lorsque le jeune doit assumer les conséquences de ce qu’il a mis en place, de ses actes, il vit cela comme une injustice. Il se sent incompris, pas responsable. Il se donne ainsi la confirmation qu’il est toujours rejeté par les « autres » renforçant ainsi sa croyance et son  positionnement de victime : des parents, de la société, de l’école… « Tous des cons qui ne peuvent pas me comprendre !… ».

Seuls, ses « potes », qui fument comme lui le comprennent. Il se sent intégré et compris dans ce groupe où le point commun est d’avoir le même type de blessures, ce qui entretient l’addiction… D’où la difficulté de se libérer de la drogue car cela signifie avoir le courage de prendre du recul par rapport au groupe, de s’exclure volontairement….

Ces comportements sont très difficiles à vivre pour les parents qui sont démunis. Les familles monoparentales sont très touchées par ce fléau. J’ai rencontré des femmes qui finissaient par avoir peur de leur enfant qui les menaçaient si elles les poussaient à simplement se lever pour aller à l’école ou chercher du travail, ou pour qu’elles leur procurent de l’argent.

Si l’autorité n’a pas été mise en place dans le jeune âge, désolée, mais il n’y a pas grand chose à faire, à part faire intervenir quelqu’un d’extérieur qui tentera de recadrer la situation.

C’est ce que je trouve de plus difficile lorsque j’aide un jeune. Je dois me positionner d’entrée dans l’autorité, ne faisant aucune concession, mettant un cadre contraignant et demandant un véritable engagement. Je remplace à ce moment-là le père et la mère !!

D’où l’importance de jouer un vrai rôle de « père et/ou de mère » dès l’enfance. A l’adolescence, c’est trop tard les règles ne seront plus acceptées. L’éducation c’est tout petit que cela commence !


 

 Conseils : (qui n'engagent que moi...)

ü  Soyez attentif à tout changement dans le comportement de votre enfant. Intéressez-vous à ses copains, ses activités.

ü  Ne banalisez pas la situation , n’en faites pas non plus une catastrophe nationale. 

ü  Ne faites pas l’autruche : j’entends régulièrement -« Mon fils ne se drogue pas, il fume juste quelques joints »  Un joint de shit, d’herbe ou autre : c’est de la drogue ! 

ü  Malgré vos sentiments de culpabilités ou vos peurs, acceptez d’ouvrir les yeux, de regarder une certaine réalité et réagissez le plus tôt possible. Abordez le sujet dans la franchise sans vous emporter, tentez de créer le dialogue, d’entendre le mal-être, sans le juger, posez des questions.

ü  Renseignez vous sur la drogue, afin d’argumenter solidement sur des bases scientifiques ou autres, pour ouvrir un espace où, dans un dialogue constructif, vous ne jugerez pas le comportement mais ferez le constat des changements que vous avez observé -  vous pouvez vous appuyer sur les histoires ci-dessus pour sensibiliser votre enfant à un autre regard sur la drogue.

ü  Faites vous aider. Montrez lui la voie du changement, de la remise en question, du mieux-être. Puis proposez, grâce aux résultats concrets de votre propre cheminement, une aide extérieure à votre enfant Il est important de faire accompagner le jeune sur le plan émotionnel mais également sur le plan physique (acupuncture par exemple) pour aider le corps et le cerveau à se libérer des toxines et des habitudes prises. Seulement lorsqu’il est VOLONTAIRE, lorsqu’il est demandeur pour transformer la situation.

ü  Ne négligez pas « l’intelligence » de ces « forces de l’Ombre », nos propres blessures, en tant que parents, leur servent également de nid.

ü  Faites confiance à l’amour que vous lui avez transmis depuis l’enfance, cette graine là, aucun dealer, aucune drogue ne pourra la détruire, et votre unique objectif ne doit pas être de vous battre contre la drogue, mais « pour » réveiller le potentiel que vous avez semé depuis tant d’années, permettre à cette graine là de germer et de croître.
Il va y avoir chez la personne en addiction une forme de dualité très douloureuse à vivre : une part l’entraîne vers l’ombre mais il y a une lueur au bout du tunnel et il est impossible de l’éteindre, c’est le feu entretenu par l’amour. Il va sentir qu’il lui faut choisir et cela deviendra parfois très difficile mais tant qu’il y a le doute, les « forces de l’ombre » ne peuvent l’emporter dans l’obscurité totale d’un monde sans amour, et l’espoir doit toujours être cultivé.
Lorsqu’il y a eu ce lien d’amour, une part de l’enfant n’arrive pas à se laisser totalement submerger par les forces de l’ombre. Leur âme se souvient qu’ils ont été aimés, qu’ils le sont encore. Comme le dit le moine Tich Nat Than, « l’Amour n’est pas un sentiment, c’est une énergie » alors c’est pour que votre enfant ressente à nouveau cette énergie circuler en lui, en vous et entre vous qu’il faut se « battre » !

Je considère ces difficiles traversées comme autant de possibilités pour faire émerger la Lumière dans nos vies. Pour mettre en évidence la lumière, l’ombre est nécessaire… !!

Les véritables questions que font émerger ces épreuves sont :

« Que veux tu faire de ta vie ? Quel choix fais-tu ? »

Cela amène à traverser la souffrance, à prendre contact avec nos blessures profondes. Nous avons réellement le choix, celui de nous perdre, de nous y vautrer ou celui d’en émerger, plus fort, plus vivant !

Cette épreuve que nous vivons à travers nos enfants est également pour nous adultes ! Ils nous imposent de nous remettre en question dans nos comportements, dans nos relations à nos enfants, à nous, à l’amour, à la vie…

Ceux qui traversent et transforment, en sortent tous grandis, plus fort, aimant la vie, transformant leur relation à l’autre, intégrant la notion d’effort.

Pour apprécier ce qui est simple et bon, pour choisir notre vie, pour grandir avant de mettre en route de nouvelles générations, pour bâtir notre propre paradis, peut-être est il nécessaire pour certains d’expérimenter cet enfer là ?


 

Message aux jeunes

 

 

« Fermez les yeux et entendez bruire cette foule humaine dans votre dos.

 

Toute cette humanité dont vous procédez !

Sentez derrière vous cette longue chaîne d’amants et d’amantes dont vous êtes en cet instant, les seuls maillons visibles !

Ils n’ont pas désespéré du monde et vous en êtes la preuve vivante !

C’est avec cette conscience-là que vous trouverez la force et de le courage de vous élancer.

 Le passé n’est pas ce qui nous retient en arrière mais ce qui nous ancre dans la présence et nous insuffle l’élan d’avancer »

 Christiane Singer – « N’oublie pas les chevaux écumants du passé »

 

Très souvent vous exprimez le rejet de la société, du monde que nous vous avons construit, de ce que nous vous faisons vivre : injustice, souffrance, irrespect, destruction, guerres, mort..

Je comprends. Je ne peux plus regarder la télévision tant il y a de négatif, où on me montre un monde pourri, où aujourd’hui encore on meurt de faim, où il y a la guerre, où l’intégrisme et la bêtise progressent et l’argent donne tous les droits.

Je vois et ressens la manipulation à tous les niveaux, je n’ai aucune confiance dans la majorité de ces hommes politiques qui prétendent nous sauver à coup de grands discours. Tout ce qui les intéresse réellement c’est PLUS…toujours plus : plus de voix, de pouvoir, d’argent…Face à cette immensité je me sens misérable, impuissante.

Mais ce n’est pas en me détruisant par « solidarité » que je vais transformer le monde, c’est en me battant chaque jour pour « contaminer »de ma foi, de ma rébellion, pour dire « le monde nous en faisons partie, nous pouvons le changer !

J’y crois de toute mon âme et je mets à son service toutes mes forces »

Trop facile ! « Le monde est pourri, je l’oublie dans l’alcool et la drogue, en m’abîmant par solidarité. »

Foutaises ! Lâcheté ! Utilise ton potentiel ! Ta liberté d’être ! Lève-toi ! sinon tu alimenteras le système sur lequel tu craches !

Qui a intérêt à ce que tu ailles bien ? Tes dealers ? Le système économique, politique, religieux  ? Mais dans ce mal-être tu restes inoffensif, tu restes un doux mouton dans ton monde de môme en souffrance !

Quand vas-tu relever la tête et les manches pour le construire ce monde meilleur ? C’est ton rôle pour tes futurs enfants ! »

Trop facile de regarder tout le négatif, sors de la facilité ! Change de regard ! Vois le beau dans tout ce que tu vis pour trouver la force d’aller vers demain, de construire le futur.

Ah bien sûr, il faut du courage ! Il faut se lever le matin, ressentir sa peine, être en contact avec sa réalité, ses émotions, mais vous avez tous cette capacité puisque vous êtes là. Une part de vous sait cela.

Vous n’utilisez pas votre potentiel, votre âme est si belle qu’en faites vous ? Pleurer sur votre sort, sur ce qui vous était soi disant dû et que vous n’obtenez pas spontanément ? 

Tous les individus traversent du malheur, de la souffrance, mais ce qui fait la différence ce sont ceux qui répondent à :

« Qu’en as tu tiré comme enseignements, comme forces ? Qu’as tu fait pour que cela ne se reproduise plus ? »

J’ai grandi, j’ai changé mon regard, ma vie,

je suis dans l’action !

Je participe au « monde » !

Je VIS !!

Je suis un lion !

 

 



« Nous voulons de la place au soleil ! C’est normal mon garçon, alors fais du soleil au lieu de chercher à faire de la place »

 - J Giono

 OUF… !!!!

 

J’ai enfin pu venir à bout de ce chapitre, il m’a demandé des mois de travail, de découragement, d’exaltations, j’ai recommencé et recommencé…

Chaque fois que j’ai voulu abandonner, comme par hasard, un de mes clients, ancien consommateur de drogue, passait me voir et j’avais l’honneur d’être le témoin privilégié de sa transformation.

Ils me redonnaient la foi pour aller de l’avant et trouver les mots à écrire.

Merci à eux pour leur confiance. Ils ont tous fait preuve d’un magnifique courage que j’admire car il en faut vraiment beaucoup pour faire le choix de la liberté, de la confiance en la vie !

Danger ! Il y a plein de nouveaux lions en circulation.

Ils ont découvert qu’ils ne faisaient que dissimuler leur force profonde, leur puissance sous une peau de mouton. Ils se sont réveillés, ils font partie de notre société, tremblez manipulateurs, destructeurs, ils sauront se lever et dire « NON ! STOP ! ».

Ils ne vont plus assister et accepter impuissants à vos désirs de destruction, ils ont traversé trop de dangereuses rivières et ils en ont vu bon nombre d’entre eux rester au milieu du gué ou couler.

Pour tous ceux qui n’ont pas pu traverser comme eux, je vous le garantis, ils resteront debout et bougeront.

Faites confiance à vos enfants, ce que vous avez semé dans leur enfance n’est jamais perdu, il suffit de réveiller ces graines en hibernation….

 

En fait…il y a une suite…


 

« ISSUE DE SECOURS ??? »

 

Je croyais sincèrement que mon « OUF !!! » précédent pouvait clôturer ce difficile thème. Je me trompais…

J’ai fait lire mes propos à différentes personnes pour avoir leurs critiques et éventuellement transformer, éclaircir mes écrits. J’ai notamment souhaité avoir l’avis d’un jeune concerné par l’expérience et l’environnement de la drogue.

Je le remercie sincèrement pour sa lettre, reproduite ci-dessous, qui m’a permis une véritable prise de conscience.

Il s’exprime surtout sur ce qui se passe lorsque l’on souhaite sortir du rang et arrêter de consommer, lorsque l’on s’est rendu compte que c’était nocif.

Réactions de M. à la lecture du chapitre relatif aux « addictions »

« Une chose à ne pas perdre de vue : si tu veux les sauver, propose leur une issue de secours dans le prochain chapitre

Pour l’avoir vécu et pour continuer à le vivre, quand on a arrêté, bien sûr on est plus fort et on va plus vite dans la tête et dans les actions que l’on mène dans la vie,  mais comme tu l’as dit, on doit ensuite affronter jour après jour 2 réalités fondamentales

1 – savoir gérer son entourage, ce qui implique d’en laisser dans le trajet ou de les garder mais en sachant dire NON et pas qu’une fois…

2- le fait d’avoir à affronter de front les questions existentielles qui se posent à nous.

Et c’est après le plus dur.

La prise de conscience est un mauvais moment à passer mais je crois que chacun sait qu’il vit dans un nuage, or avec le temps, il en sort de lui-même ou pas.

Mais le plus dur c’est ensuite, là où s’arrête ton récit car la vie c’est jour après jour.

Une phrase qui m’a fait rire, mais tellement réaliste aux yeux d’un drogué :

« sobre, la vie qu’est ce que c’est chiant ! »

Propose une issue de secours possible !

Cas concret sans parler de drogue dure… : Tu fumes après le boulot avec des amis et le week-end en fête avec les mêmes amis ou d’autres mais qui évoluent de façon similaire. Tout ce beau monde a un job, est parfaitement intégré, fait du sport etc… Tu passes de très bonnes soirées et des week-end dont tu parles la semaine car tu te tapes « des barres de rire »

Du jour au lendemain, tu t’arrêtes de fumer, alors les amis ne comprennent pas, de la distance se crée. En plus d’avoir arrêté, ce qui n’est pas toujours évident, tout s’effondre d’un point de vue social.

Il faut une issue de secours et une issue de secours qui prenne du temps pour ne pas perdre pied .Le sport par exemple en ce qui me concerne.

Les questions existentielles doivent être prises en compte après, et je pense qu’elles arrivent après.

D’abord ne pas perdre pied, et se refaire… Il faut trouver une motivation quelle qu’elle soit et comme je l’ai dit plus haut pour que çà passe le temps.

 

Ma lettre-réponse à M.

 

Je vais effectivement rajouter un chapitre, peut-être pas celui que tu serais en droit d’attendre en termes de « solutions », mais le résultat de ce que tes écrits m’ont inspirée.

Je me suis interrogée sur le bien fondé de te « proposer une issue de secours… ».

Au début, cela m’a paru totalement incompréhensible, pas un cheveu de ma tête n’aurait pu envisager la proposition d’une « solution » pour meubler la vie en sortant de l’expérience de la drogue.

Alors je te le confirme, après mûre réflexion :  Non, je n’ai aucune solution à proposer.

Non par impuissance, incompétence ou autre, mais simplement par une véritable volonté : celle du respect de l’autre, de son destin, de ses choix.

Réalises-tu que si je proposais une « issue de secours » je ne ferais que maintenir la personne dans un fonctionnement dont elle est déjà prisonnière ?

La drogue ou toute autre addiction est un système qui emprisonne.

Votre génération de « jeunes », mais qui pour certains commencent quand même à prendre de la bouteille, a déjà du mal à se libérer du carcan des parents – par confort, obligations ou autres…- et vous êtes en plus prisonniers des « autres », du groupe de copains, de la drogue, du « que pensera-t-on de moi »…

Mon rôle de thérapeute, de femme, de mère, est d’amener l’autre à trouver sa liberté de choix, de pensées, d’expériences, à devenir un bon compagnon pour lui-même…

De l’amener à toucher ses envies, à s’interroger, à semer le doute pour qu’il trouve son chemin, ses valeurs, ce qui est bon pour lui, pour qu’il crée ses propres rêves, acteur de sa destinée et non victime de la société

C’est ma compétence de générer, de libérer de nouveaux espaces dans l’individu pour qu’il puisse y laisser émerger ses rêves. Nous ne pouvons réaliser que ce que nous sommes capables d’imaginer…

Je réalise, grâce à tes commentaires, la chance que ma génération a eue et la difficulté de la vôtre.

J’ai 50 ans et j’ai vu mes parents trimer, économiser, se priver pour nous faire vivre dans la dignité, afin que mes sœurs et moi puissions suivre des études, avoir un métier en tant que femme et donc accéder à une liberté que bien de nos mères et grand-mères n’ont pu connaître.

J’ai toujours eu la conscience et la reconnaissance de ce qu’ils nous apportaient, ne considérant pas cela comme un dû mais comme une opportunité, une chance dont je voyais bon nombre de mes copains d’école dépourvus.

J’ai suivi des études techniques dans un lycée dit « professionnel » et la majorité des élèves étaient issus de milieux pauvres. Nous avions tous une vraie envie de nous en sortir, de réussir, de nous libérer également de nos parents, de partir le plus vite possible de la maison, parfois pour fuir un milieu difficile, mais surtout pour ne plus être à leur charge. L’autonomie était un objectif prioritaire.

Nous connaissions tous le prix de notre « réussite ». Bon nombre de nos parents (nés pendant la guerre) n’avaient pu faire d’études pour cause de contexte social : « on ne pouvait pas se permettre d’aller à l’école, il fallait ramener de l’argent à la maison pour aider à vivre » et ils voulaient que nous, leurs enfants, réussissions, n’ayons pas la même vie qu’eux. Ils souhaitaient que la vie soit plus facile pour nous, comme nous l’avons voulu pour vous. C’était une question d’honneur, de dignité, d’évolution.

Nous avons été élevés dans la conscience que rien n’est dû, dans l’effort, dans « trouve une solution, bouge toi, relève tes manches… », « ne compte pas toujours sur les autres ! »

Oui, c’était dur et même parfois traumatisant, excessif pour certains, mais nous avons appris à nous relever, à ne compter que sur nous, nous avons acquis de belles forces et je suis fière aujourd’hui de ce que j’y ai puisé.

Comme je te l’ai dit, je me suis malgré tout, à un certain moment de ma vie, retrouvée enfermée dans un système. Pas le même que celui que vit ta génération aujourd’hui, mais celui du devoir, de répondre aux attentes des générations précédentes, celui de la réussite sociale, personnelle…enfin, celui du regard des autres.

C’est cette recherche de libération totale qui a guidé mon cheminement, mon questionnement. Cette prise de conscience que malgré une volonté « intellectuelle » de liberté, j’étais devenue prisonnière de « moi-même » : le pire des geôliers...

Mon évasion avait toujours été dans les livres et je ne lisais plus, depuis plusieurs années, mais alors plus rien ! Je ne prenais plus le risque de me perturber, afin de ne pas m’interroger sur mon quotidien, sur le sens que je voulais donner à ma vie, sur ce que j’étais devenue : une sorte de coquille vide.

Extérieurement, selon les critères actuels de la société, j’étais bien intégrée, mais à l’intérieur c’était vide !. Je le savais et j’en avais si peur…

Je ne vivais plus. Mon temps était entièrement « meublé », et un jour de colère, de révolte « y en a marre, je me prends un moment pour moi ! » j’ai enfin ré-ouvert un livre…

Chance ou malchance ? C’était « l’Alchimiste » de Paulo Coehlo.

Un passage m’a alors totalement percutée, c’est celui où le Roi de Salem explique au petit berger ce qu’est la « Légende Personnelle » et qu’il demande au berger :

-       Pourquoi gardes-tu des moutons ?

-       Parce que j’aime voyager »

Il montra un marchand de pop-corn, avec sa carriole rouge, dans un coin de la place.

-       Cet homme aussi a toujours voulu voyager, quand il était enfant. Mais il a préféré acheter une petite carriole pour vendre du pop-corn, amasser de l’argent durant des années. Quand il sera vieux, il ira passer un mois en Afrique. Il n’a jamais compris qu’on a toujours la possibilité de faire ce que l’on rêve.

-       Il aurait dû choisir d’être berger, pensa le jeune homme à haute voix.

-       Il y a bien pensé, dit le vieillard. Mais les marchands de pop-corn sont de plus grands personnages que les bergers. Les marchands de pop-corn ont un toit à eux, tandis que les bergers dorment à la belle étoile. Les gens préfèrent marier leurs filles à des marchands de pop-corn plutôt qu’à des bergers. Pour finir, ce que les gens pensent des marchands de pop-corn et des bergers devient plus important pour eux que la Légende Personnelle. (…) Les gens apprennent très tôt leur raison de vivre, dit le vieillard avec, dans les yeux, une certaine amertume. C’est peut-être pour cette raison même qu’ils renoncent aussi très tôt. Mais, ainsi va le monde. »

Lorsque j’ai lu ce passage, j’ai pris conscience que j’avais choisi le rôle du « marchand de pop-corn ». L’angoisse totale m’a saisie et ne m’a plus quittée durant des années, jusqu’à ce que je trouve ma « voie ».

J’avais oublié mes rêves, pire même, je n’en avais plus aucun ! J’aurais voulu voyager, vivre une vie joyeuse, riche de rencontres dans le monde entier, me sentir utile…et j’étais cadre dans une grande entreprise, mère débordée et énervée, femme inexistante dans la routine…Triste bilan !

Je n’avais plus aucune envie, le sentiment de subir mon quotidien et surtout le plus terrifiant, de ne rien pouvoir changer, que tout était figé à jamais. Je ne vibrais pas, ne rayonnais pas… Je me suis sentie « vieille », finie…

Et ce que me disait ce fichu bouquin était que j’avais le choix, celui de vivre ma Légende Personnelle ou rester « marchand de pop-corn ».

J’avais le choix ? Je n’avais jamais voulu le reconnaître, je préférai penser que cela ne pouvait être autrement, que je n’avais aucune responsabilité dans tout cela, que c’était mon destin...

J’ai lu et relu ce livre (j’en suis au moins à 25 re-lectures, complétées par « Jonathan Livingstone le Goéland » de Richard Bach qui m’avait achevée…).

Plus je les laissais entrer en moi, plus je ressentais les entraves que je m’étais mises et je suis entrée dans l’horreur de mon quotidien, l’impuissance, la colère contre moi-même. J’ai pris conscience de mon manque de courage, de mes peurs : celles de ne pas y arriver, de manquer, de blesser, d’échouer….

Mais vois-tu, même à ce moment-là, y compris dans des moments de détresse totale, jamais, jamais, je n’aurais accepté que quelqu’un d’extérieur vienne me donner, proposer ou peu importe quoi, la moindre solution, issue de secours. Et j’ai eu la chance que personne ne le fasse car ce que je découvrais m’appartenait, me construisait. Dans mon désarroi, j’ai même rencontré des voyants, des « bons », ceux qui ne peuvent te dire la « vérité » car ils ne la connaissent pas, puisque tu la crées à chaque instant, mais ce que tu as besoin d’entendre pour poursuivre ton chemin. J’ai su qu’il y avait de la lumière au bout du tunnel et cet espoir là m’a menée durant des années et me guide encore !

Les choix à faire, moi seule allait devoir les faire et en assumer les conséquences. Ils m’étaient propres et je ne pouvais déléguer une fois de plus mes décisions.

Personne ne pouvait ressentir à ma place ce que je devais faire ou penser. J’avais laissé tant d’espace aux autres pour me convaincre de ce qui était bon pour moi, et voilà où j’en étais : dans le vide et sans rêves !

Bien entendu, mes choix ont été inspirés par des rencontres mais dans une liberté totale.

Les personnes qui m’ont donné l’envie d’être, ne m’ont jamais dit qui j’étais, où aller et comment le faire, mais ils ont ouvert ces espaces en moi que j’ignorais, où je me suis découverte, acceptée. Ils m’ont simplement donné l’envie (en vie ?) d’être. J’ai utilisé ces nouvelles ressources, ces nouvelles possibilités, j’en ai fait quelque chose, j’ai choisi ma voie en connaissance de cause.

Oui, cela demande du courage car les épreuves sont parfois difficiles à surmonter.

Oui, j’ai perdu beaucoup « d’amis », mais j’ai aussi revu ma définition de ce que représente l’amitié, et les vrais amis sont toujours là ! Et pas des amis « Facebook », ce leurre virtuel et terrible, non les vrais, les rares, ceux qui accompagnent quelque soient les turbulences à traverser.

Oui, j’ai rencontré la solitude et je l’ai apprivoisée !

Oui, j’ai rencontré la peur du lendemain, de l’inconnu et je l’ai surmontée !

Oui, j’ai rencontré le porte-monnaie vide et je m’y suis adaptée !

Oui, j’ai rencontré le désespoir et je l’ai dépassé !

Mais c’est grâce à cette persévérance, à la confiance acquise dans nos propres ressources, dans la prise de conscience de nos forces réelles que va s’exprimer la puissance de notre Légende Personnelle.

Je t’accorde que notre société de consommation fait tout pour faire croire que tout est « dû » sans le moindre effort, sans payer le prix. On a le droit de préférer cette croyance…C’est encore une histoire de choix.

Le Roi de Salem, à qui le jeune berger vient de donner 6 moutons en guise de paiement pour avoir plus d’informations sur son « trésor », lui dit :

« D’une façon générale, cherche à prendre tes décisions toi-même. Le trésor se trouve près des Pyramides, et cela, tu le savais déjà ; mais tu as dû payer le prix de 6 moutons parce que c’est moi qui t’ai aidé à prendre une décision. »

Le jeune homme décida que dorénavant, il prendrait ses décisions lui-même.

Voilà tout ce que m’inspire ce que tu exprimes dans cette phrase : « Si tu veux les sauver, propose leur une issue de secours » parce que je ne VEUX et ne PEUX sauver personne !

C’est le destin et le choix de chacun de se détruire, de ne pas vivre.

Je sais combien il est difficile de se sentir « différent », mais c’est le prix à payer pour trouver et vivre sa Légende Personnelle.

Je me considère comme privilégiée d’avoir choisi d’escalader la face la plus rude de la vie, si tu savais les paysages et toutes les merveilles que j’y découvre … !!!

Pour rien au monde je ne changerai mon destin. Mon unique regret c’est de ne pas avoir entendu plus tôt l’appel de ma Légende. En plus, maintenant que j’ai la chance de découvrir le destin des autres dans mon travail, j’adore le mien ! Tu n’en voudrais pas mais moi je me le garde !

Mon plus grand bonheur, c’est de participer et d’accompagner, comme tant d’autres « passeurs ou  éveilleurs de vie », la prise de conscience de ceux qui trouveront le courage de suivre leur voie.

Les tentations de la facilité sont si grandes aujourd’hui, et c’est bien plus difficile pour vous, nos enfants, que pour nous qui avons eu un véritable entraînement dès la plus tendre enfance avec moins de sollicitations et de tentations de tous ces marchands du temple qui vous « gavent » afin de vous amener à être blasé et à toujours vouloir consommer plus.

Je m’étonne toujours de votre manque d’enthousiasme. Mais où est votre capacité d’émerveillement ? Rien ne vous étonne, vous avez tellement « tout ». Quelle tristesse ! Les plis de l’amertume ornent si tôt bien des visages ! Où sont vos sourires ? Quand vos yeux pétillent-ils de joie ?

« sobre, la vie qu’est ce que c’est chiant ! » Cette phrase que tu m’énonces est terrible ! Elle ne me fait vraiment pas rire du tout, cependant elle résume si bien l’état d’esprit et le mode de pensées de bon nombre d’entre vous :

-       Pas d’ivresse sans alcool !

-       Pas de joie sans artifices !

-       Obligé de « meubler » le temps pour ne pas souffrir ? Pour ne pas penser ? Pour s’en sortir ? On ne meuble pas le temps, on le vit !

Donner l’envie de se relever ? Mais rester à terre est un choix ! Y a aucune promesse de récompense si on se relève, il n’y aura que ce que l’on se sera accordé : « Je me détruis ! Donne-moi l’envie de ne plus le faire ? » JAMAIS ! Trouve là toi-même !

Si tu ne peux te décider à te relever seul, c’est que tu as besoin d’aller encore plus loin dans la souffrance. Cela signifie en clair que tu n’as pas assez souffert pour vraiment vouloir autre chose ! Alors restes-y jusqu’à ce que bon te semble, puisque tu en es l’instigateur ! Attention, certains s’y perdent à jamais…pense aux vers à soie…

La seule vraie et unique motivation qui a une puissance énergétique et à laquelle l’Univers répond c’est à « Qu’est ce que je veux, pour MOI, pour MA VIE ! »

On a besoin de vrais lions, pas de moutons qui veulent se faire croire qu’ils appartiennent à la famille des lions pour bénéficier de tous les avantages de cette race, sans payer de leur personne.

Pas de masturbation intellectuelle : du vrai, du pur, du simple, du libre dans les actes, dans les paroles.

Ça se mérite ! Tout le monde peut accéder à cette famille, la porte en est disponible à tous, mais pas ouverte aux quatre vents. Seules la sincérité, la motivation, la conviction, l’enthousiasme, la joie en sont les clefs. Avant d’en fournir le code d’entrée, l’Univers se charge à travers la vie de vérifier si toutes les étapes sont bien franchies avec humilité, simplicité et profonde foi, pas la religieuse, la foi en TOI, en tes capacités, en ta légende.

Et tout devient limpide, évident, fluide…Tu entres dans le partage pour en faire profiter les autres, pour contaminer à ton tour et là ; oui vraiment seulement là, tu commences à exister, à te sentir vivant, à faire partie du Grand-Tout, de l’Univers.

Chaque cellule de ton corps vibre au rythme des battements du cœur de la terre, de l’océan, des montagnes, de la flore, de la faune. Toi qui recherchait un « groupe » auquel t’identifier, tu es tout cela à la fois. Tu deviens universel, tu es l’une de ces gouttes d’eau qui alimentent les océans.

Les touristes de l’ésotérisme n’ont pas leur billet validé parce qu’ils pensent, lisent, parlent. Seuls les actes font loi..

Je n’ai pas de solution universelle, j’ai trouvé MA solution et je l’ai mise en œuvre. J’en ai montré le chemin à mes fils et à tant d’autres, afin qu’ils aient le choix.

La décision leur appartient, ils ont leur destin, ils font leur propre chemin, différent du mien, mais nous allons dans le même sens, celui de la joie sans artifice, l’ivresse sans alcool et l’émerveillement permanent dans la simplicité du quotidien !

Et lorsque la vie me présente des passages plus difficiles, j’ai la conviction profonde que je vais les traverser et en sortir plus riche de leur expérience et grandie d’avoir été capable de les dépasser.

Je les accepte, parfois après une phase de révolte, de colère, d’abattement, de pleurs, mais je ne cherche pas à les éviter, à ne pas les ressentir. Je les regarde toujours en face et tente d’en comprendre le sens, quelle force en tirer, tout cela le plus vite possible pour en sortir. J’ai bien intégré que rester dans la souffrance n’est pas nécessaire pour avancer, il me suffit de traverser sans rester bloquée au milieu du tunnel...

Merci de m'avoir fait prendre conscience de tout cela . 

Photos : Nick Brandt